A l’approche d’élections qu’il risque fort de perdre, le Parti du congrès, qui jadis symbolisa l’Inde à lui seul, se raccroche désespérément au mythe Gandhi pour tenter de survivre. C’est vers deux femmes sans aucune expérience électorale, mais héritières de la «dynastie» Nehru-Gandhi, et à ce titre sensées pouvoir rallumer la flamme, que le Congrès, le plus vieux parti de l’Inde, s’est tourné, probablement en vain. La Gandhi italienne Sonia Gandhi, 51 ans, veuve d’origine italienne de l’ex-premier ministre assassiné Rajiv Gandhi, a accepté de faire campagne pour le Congrès pour les législatives anticipées qui auront lieu sur quatre jours du 16 février au 7 mars. Cela a redonné un peu d’espoir aux militants. «Un nouveau leader, une nouvelle direction», proclament les affiches électorales du Congrès, sur lesquelles figurent Mme Gandhi. Mais celle-ci n’a pas répondu aux demandes répétées de prendre la tête du parti de son mari défunt, en fort déclin après avoir gouverné l’Inde pendant plus de 40 ans après l’indépendance en 1947. Le Congrès est revenu à la charge, demandant à Mme Gandhi de se porter candidate, avec sa fille Priyanka, 25 ans, petite-fille d’Indira Gandhi à laquelle elle ressemble, et arrière-petite fille de Jawaharlal Nehru. Les deux femmes ont été priées d’être candidates dans deux circonscriptions autrefois fiefs des Gandhi dans l’Uttar Pradesh (nord), l’Etat indien le plus peuplé, cœur politique du pays et l’une des clefs du prochain scrutin. «Que Sonia Gandhi fasse ou non campagne pour le Congrès, le parti ne peut progresser», estime un spécialiste des élections, G.V.L. Narasimta Rao. «Oui, Sonia Gandhi peut avoir un effet. Elle peut stopper le déclin mais pas renverser la tendance». L’invincibilité des Gandhi «Le mythe de l’invincibilité (des Gandhi) volera en éclats lors de cette élection», prédit Sushma Swaraj, porte-parole du parti nationaliste hindou d’opposition BJP, bête noire du Congrès et donné favori des législatives. Le BJP a mis au défi Mme Gandhi, qui préfère exercer son influence dans l’ombre, de se mesurer lors d’un débat télévisé à son candidat au poste de premier ministre, Atal Behari Vajpayee. Le BJP était devenu en 1996 premier parti du pays, devançant le Congrès qui avait connu alors son plus grave revers électoral et qui a soutenu depuis une coalition gouvernementale de centre-gauche pour faire barrage aux nationalistes hindous. Les déboires du Congrès Ceux-ci devraient encore progresser, sans cependant obtenir la majorité absolue, ce qui contraindrait à une nouvelle coalition et à la poursuite de l’instabilité politique que connaît la plus grande démocratie du monde. Malgré Sonia Gandhi et ses appels à l’unité, les déboires du Congrès se poursuivent. Les défections se multiplient au sein d’une formation qui s’est défaite dans plusieurs des Etats de l’union, notamment en Uttar Pradesh. Le parti vient d’appeler les communistes à se joindre à lui pour empêcher l’arrivée au pouvoir des nationalistes hindous, accusés d’être intolérants et antimusulmans, mais a reçu une fin de non-recevoir. Les communistes sont membres de la coalition de centre-gauche Front uni, troisième grande force du pays renversée par le Congrès en décembre dernier et qui a décidé d’aller à la bataille en rangs serrés. Le président du Congrès, Sitaram Kesri, blâmé de toutes parts pour avoir obtenu la chute de deux gouvernements Front uni en moins d’un an, voit son pouvoir s’effriter et est considéré par certains candidats comme un handicap. M. Kesri, 82 ans, a publiquement demandé à ses collègues de ne pas l’abandonner, ce que certains continuent précisément de faire. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats A l’approche d’élections qu’il risque fort de perdre, le Parti du congrès, qui jadis symbolisa l’Inde à lui seul, se raccroche désespérément au mythe Gandhi pour tenter de survivre. C’est vers deux femmes sans aucune expérience électorale, mais héritières de la «dynastie» Nehru-Gandhi, et à ce titre sensées pouvoir rallumer la flamme, que le Congrès, le plus vieux parti de l’Inde, s’est tourné, probablement en vain. La Gandhi italienne Sonia Gandhi, 51 ans, veuve d’origine italienne de l’ex-premier ministre assassiné Rajiv Gandhi, a accepté de faire campagne pour le Congrès pour les législatives anticipées qui auront lieu sur quatre jours du 16 février au 7 mars. Cela a redonné un peu d’espoir aux militants. «Un nouveau leader, une nouvelle direction», proclament les affiches électorales...