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Actualités - Reportage

Stockholm, capitale culturelle de l'Europe en 1998 Ambitieuse Suède (photos)

L’ambassadeur de Suède en France, Orjan Berner, y insiste: ce n’est pas un hasard si Paris est la seule ville au monde à compter un Centre culturel suédois, celui-ci occupant, au 11 rue Payenne, le magnifique hôtel de Marle, acquis par les autorités de Stockholm au début des années 70 sur le conseil d’André Malraux qui encourageait alors les restaurations dans le quartier du Marais. Il faut y voir la preuve d’une vivace connivence culturelle et sentimentale entre les deux pays, de liens remontant au XVIIe siècle, époque où la Suède pouvait être considérée comme une «grande puissance» européenne. Dans les dernières décennies du siècle des Lumières régna un monarque francophone et francophile, ami des philosophes, Gustave III, dont les portraits abondent d’ailleurs sur les murs de l’hôtel de Marle. La Révolution de 1789 apporta quelques turbulences dans ces relations idylliques mais, un peu plus tard, on allait voir la Suède «importer» un maréchal d’Empire, Charles-Jean Bernadotte, et lui offrir son trône qu’il occupa de 1818 à 1844, conduisant le régime vers le libéralisme et fondant l’actuelle dynastie. Orjan Berner prenait plaisir, l’autre jour, à rappeler ce passé rien moins qu’anodin, ajoutant qu’il faudrait désormais compter avec son pays comme grande puissance, mais cette fois dans le domaine culturel. Et la délégation venue présenter les manifestations prévues pour 1998, année au cours de laquelle Stockholm sera capitale culturelle de l’Europe, aurait en mauvaise grâce à le contredire. L’idée de faire désigner par les ministres des Affaires culturelles de l’Union européenne une ville pour tenir ce rôle chaque année avait été lancée par Melina Mercouri, et c’est Athènes qui avait ouvert le feu en 1985. Douze autres villes parmi lesquelles Florence, Amsterdam, Berlin, Paris, Glasgow, Madrid ont pris le relais depuis avec plus ou moins de zèle et d’imagination, et il faut dire que la dernière en date, Thessalonique, n’aura pas laissé en 1997 un grand souvenir. Les Suédois, en revanche, donneraient presque l’impression d’avoir voulu trop en faire! Pas moins de mille manifestations vont s’égrener tout au long de 1998, et feuilleter l’épais catalogue qui les recense donne déjà le tournis. Mais abondance de biens ne nuit pas, et l’on peut gagner que l’enthousiasme des premiers visiteurs ne sera pas refroidi par le palais et les sculptures de glace qui en figurent le coup d’envoi: des œuvres de saison, réalisées avec des blocs de glace découpés dans la rivière Jukkasjärvi, un matériau que les artistes considèrent comme à la fois concret et conceptuel. Animations dans les parcs et les jardins, cinéma, théâtre, opéra, musique, colloques d’écrivains, arts appliqués, artisanat, folklore, cirque, représentations de kabuki, spectacles de danse couvrant tout le spectre du Bolshoï à Pina Bausch, expositions diverses et variées, festival Strindberg et rétrospective Bergman, ce qui va de soi, mais aussi randonnées botaniques et zoologiques sur les traces de Linné, le grand naturaliste du cru... L’inventaire ne saurait être qu’incomplet, et parler à l’avance de programmation pléthorique ou de saupoudrage reviendrait à faire aux organisateurs un mauvais procès. Ils ont tout simplement vu grand et ont, semble-t-il, les moyens de leurs ambitions. La grande affaire de l’année sera sans doute l’inauguration, sur un îlot au centre de Stockholm, du nouveau musée d’art moderne, le Moderna Museet qui possède l’une des plus belles collections européennes d’art international. Il a été imaginé par l’architecte espagnol Jose Rafael Monea comme un alcazar invitant les visiteurs à une déambulation du type flânerie dans un souk oriental. Les responsables de la programmation peuvent à bon droit revendiquer deux exploits: avoir réussi à caser une exposition de bandes dessinées dans la vénérable et plutôt collet monté Bibliothèque Royale, et avoir convaincu Ingmar Bergman, l’année de ses 80 ans, de quitter sa retraite pour monter une pièce au Théâtre Royal. Il est vrai que la pièce en question, «Les faiseurs d’images» de Per Olov Enquist, évoque les cinéastes suédois de l’époque du muet, et notamment le grand Victor Sjötrom, pionnier de génie auquel le réalisateur de «Sourires d’une nuit d’été» voue une admiration particulière.
L’ambassadeur de Suède en France, Orjan Berner, y insiste: ce n’est pas un hasard si Paris est la seule ville au monde à compter un Centre culturel suédois, celui-ci occupant, au 11 rue Payenne, le magnifique hôtel de Marle, acquis par les autorités de Stockholm au début des années 70 sur le conseil d’André Malraux qui encourageait alors les restaurations dans le quartier du Marais. Il faut y voir la preuve d’une vivace connivence culturelle et sentimentale entre les deux pays, de liens remontant au XVIIe siècle, époque où la Suède pouvait être considérée comme une «grande puissance» européenne. Dans les dernières décennies du siècle des Lumières régna un monarque francophone et francophile, ami des philosophes, Gustave III, dont les portraits abondent d’ailleurs sur les murs de l’hôtel de Marle....