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Actualités - Chronologie

Présidentielles et législatives kenyanes : un scrutin déjà très controversé (photo)

Le président sortant Daniel arap Moï était en tête hier soir dans la course à la présidentielle, selon des résultats encore très partiels des élections générales critiquées tant au Kenya qu’à l’étranger. Selon des résultats portant sur 47 circonscriptions (sur un total de 210), diffusés par la télévision privée KTN, M. Moï, 73 ans, au pouvoir depuis 19 ans, devançait de près de 210.000 voix l’ancien vice-président Mwaï Kibaki, 66 ans, candidat du Parti démocrate (DP). Moï obtenait 596.044 voix contre 386.476 à Kibaki. Suivaient Raïla Odinga (Parti du développement national, NDP), avec 111.904 voix, et Charity Ngilu (Parti social démocrate, SDP), avec 83.403 voix. Certaines compilations effectuées par les partis politiques placent cependant Charity Ngilu en 3e position et Raïla Odinga en 4e. Le président est élu à la majorité simple mais doit obtenir 25% des voix dans au moins cinq des huit provinces du Kenya, sinon un deuxième tour oppose les deux candidats arrivés en tête. Aux législatives, toujours selon KTN, le parti au pouvoir, l’Union nationale africaine du Kenya (KANU), avait engrangé mercredi après-midi 26 sièges de députés, dont 13 acquis d’avance car non disputés par l’opposition. Le DP en avait 5 et le SDP 4. Les chiffres diffusés hier ne prenaient pas encore en compte Nairobi, la capitale, qui vote généralement massivement pour l’opposition. Plusieurs circonscriptions de la Vallée du Rift, bastion du président Moï, avaient en revanche été comptabilisées. M. Moï affrontait à la présidentielle 14 adversaires, tandis que 883 candidats briguaient les 210 sièges de députés. Les quelque 9 millions d’électeurs étaient également appelés à élire leurs conseillers locaux. Selon la commission électorale, la participation devrait être supérieure à 65%. Le dépouillement des bulletins, très lent, ne devrait pas être achevé pays avant plusieurs jours. Ces lenteurs s’ajoutent à un chaos sans précédent enregistré tout au long du processus électoral, qui aurait dû être achevé lundi mais a été prolongé de 24 heures. Nombre de bureaux n’avaient pu voter lundi, car ils n’avaient pas reçu le matériel nécessaire. Les ambassades et observateurs ont commencé hier à commenter le déroulement de ces élections, pour faire part de leur «inquiétude». La Grande-Bretagne a estimé que les irrégularités signalées pendant les élections remettaient en question leur «crédibilité». Les Etats-Unis se sont également «inquiétés» de la manière dont se sont déroulées les élections et ont demandé au gouvernement de faire toute la lumière sur les irrégularités dénoncées par les partis politiques, de la majorité comme de l’opposition. Le «Groupe des bailleurs de fonds pour le développement démocratique», qui compte 22 pays et la Commission européenne, a eu les mêmes mots, tout en estimant prématuré de se prononcer définitivement. Les observateurs kényans déployés par les Eglises et l’Institut pour l’éducation dans la démocratie (IED) ont quant à eux demandé la mise en place d’une commission d’enquête sur l’ensemble du processus. Très sévèrement critiquée, la commission électorale affirmait avoir fait son travail. Son président, Samuel Kivuitu, a répété mercredi que la météo avait joué un mauvais tour aux élections et que la société britannique chargée de l’impression et du conditionnement des bulletins de vote n’avait pas rempli correctement son contrat. Plusieurs partis d’opposition, dont ceux de Raïla Odinga et Charity Ngilu, ont demandé l’annulation des élections. Mwaï Kibaki a estimé que les élections n’avaient pas été équitables, mais qu’elles ne devaient toutefois pas être annulées. Cette pagaille a fait craindre des violences, dans un pays où les querelles politiques ont parfois dégénéré en tueries tribales. Une dizaine de personnes ont été tuées dans des affrontements lundi et mardi, mais aucun nouvel incident sérieux n’avait été signalé hier. (AFP)
Le président sortant Daniel arap Moï était en tête hier soir dans la course à la présidentielle, selon des résultats encore très partiels des élections générales critiquées tant au Kenya qu’à l’étranger. Selon des résultats portant sur 47 circonscriptions (sur un total de 210), diffusés par la télévision privée KTN, M. Moï, 73 ans, au pouvoir depuis 19 ans, devançait de près de 210.000 voix l’ancien vice-président Mwaï Kibaki, 66 ans, candidat du Parti démocrate (DP). Moï obtenait 596.044 voix contre 386.476 à Kibaki. Suivaient Raïla Odinga (Parti du développement national, NDP), avec 111.904 voix, et Charity Ngilu (Parti social démocrate, SDP), avec 83.403 voix. Certaines compilations effectuées par les partis politiques placent cependant Charity Ngilu en 3e position et Raïla Odinga en 4e. Le...