La dissolution au cours du week-end du grand parti de l’opposition non-communiste, le Parti de la nouvelle frontière (PNF ou Shinshinto) continuait de faire des vagues hier, ses différentes composantes se préparant à fonder plusieurs nouvelles formations politiques distinctes.
Cinq partis et groupes politiques indépendants pourraient voir le jour dans les prochains jours après l’éclatement du PNF annoncé samedi par son président Ichiro Ozawa, estiment les médias nippons.
Cet éclatement a pour autre conséquence de renforcer le rôle du Parti libéral-démocrate (PLD) au pouvoir présidé par le premier ministre Ryutaro Hashimoto, relèvent les grands quotidiens japonais.
Les tractations de couloir battaient leur plein entre les dirigeants des différentes factions du parti défunt.
M. Ozawa devrait lui-même annoncer la formation d’un nouveau parti, son ambition étant de réunir sous sa houlette une centaine d’élus dans les deux Chambres du Parlement. Il pourrait cependant devoir se contenter de 70 à 80 parlementaires, estime la presse nippone.
Un autre parti ou groupe politique indépendant sera probablement formé autour de la trentaine d’élus de l’ancien Komeito, le Parti bouddhiste affilié à la secte Soka Gakkai, qui avait accepté de rejoindre le PNF lors de sa création en décembre 1994.
La PNF était alors devenu le deuxième parti du Japon en nombre de sièges au Parlement derrière le PLD.
La dissolution du PNF constitue de la part de M. Ozawa une sorte de «va-tout» politique car ce responsable politique controversé était de plus en plus contesté à l’intérieur du PNF. Dissoudre a été pour lui la dernière solution pour «sauver les meubles» et tenter de recréer un nouveau parti vidé des parlementaires les plus contestataires à son égard.
Plusieurs défections d’élus du parti avaient porté un sérieux coup à la cohésion du PNF depuis des mois. L’annonce du départ des élus du Komeito, l’ancien Parti bouddhiste japonais, avait porté le coup de grâce à sa crédibilité.
Avant sa dissolution, le PNF alignait 126 élus à la Chambre basse (500 sièges), la plus importante des deux Chambres du Parlement, et 56 à la Chambre haute (252 sièges). Les élus du PLD y sont respectivement 252 et 117.
Le parti avait été créé autour d’une large alliance ouverte à d’anciens transfuges du PLD, des bouddhistes et d’autres politiciens conservateurs. Il était resté dans l’opposition car bien que brièvement écarté du pouvoir en 1993, le PLD est revenu aux affaires à la mi-1994 grâce au soutien inattendu du Parti socialiste japonais et une petite formation centriste, le Sakigake.
M. Ozawa, 55 ans, est lui-même un transfuge du PLD. Son départ du PLD en 1993 en compagnie d’une poignée d’autres politiciens de premier plan avait alors permis de mettre fin à la domination sans partage qu’avait exercé le PLD sur la politique japonaise depuis 38 ans.
40 élus du Shinshinto avaient quitté les rangs du parti depuis fin 1994, y compris deux anciens premiers ministres, MM. Morihiro Hosokawa et Tsutomu Hata. Une bonne partie de ces défecteurs ont rejoint le PLD qui a ainsi retrouvé une assise politique forte. (AFP)


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine