«On a associé le, turron comme le cava (mousseux espagnol), aux fêtes de Noël. On ne sait pas pourquoi, c’est une coutume», explique Vicente Vidal Miquel, responsable de cette institution gastronomique fondée en 1842.
Jusqu’au début du mois de janvier, des centaines de clients vont se presser dans la petite échoppe située en plein centre-ville, entre le Congrès des députés et l’emblématique Puerta del Sol, pour acheter des tablettes de turron.
Pour les Madrilènes, l’apparition des files d’attente devant la façade en bois un rien désuète de la Casa Mira marque le retour des fêtes de Noël. Le temple du turron exporte également sa production dans toute l’Espagne et à l’étranger.
Entreprise familiale, la «maison» Mira existe depuis six générations. «Don Luis Mira, le fondateur, amenait le turron à dos d’âne depuis Jujona près d’Alicante (sud-est). Souvent, il vendait son stock en chemin avant d’arriver à Madrid», sourit M. Vidal Miquel, héritier par alliance de la dynastie du turron.
Don Mira s’établira finalement dans la capitale. La fortune lui sourira, puisque le petit marchand d’Alicante deviendra le fournisseur officiel de la cour d’Espagne et recevra de ce fait la Médaille d’Isabelle la Catholique en 1868.
Une origine mystérieuse
L’origine précise du turron est un mystère. Les Arabes mettaient déjà des amandes et du miel dans leur patisseries avant 1492. Un patissier espagnol, Torro, aurait perfectionné le dessert et lui aurait donné son nom.
La recette est en revanche bien connue. Le turron se vend en tablette rectangulaire, un peu comme le nougat français. Sa préparation, entièrement manuelle, exige deux ingrédients principaux: le miel de romarin et des amandes bien grasses.
«Le miel donne toute sa saveur. Quant aux amandes, elles ne doivent pas être sèches. Par exemple, on ne peut pas faire du turron avec des amandes de Californie, car elles ne donnent pas assez d’huile», relève M. Vidal Miquel.
A Madrid, la Casa Mira ne produit que du «mou». Le «dur» vient toujours de Jijona, où il est fabriqué dans une coopérative qui approvisionne plusieurs distributeurs.
Sans être un produit de luxe, le turron de la Casa Mira, labelisé «qualité suprême», peut coûter jusqu’à 4.000 pesetas (quelque 30 dollars) le kilo, un tablette pesant environ 500 grammes.
Signe d’une économie espagnole florissante malgré le chômage, la fréquentation de la Casa Mira est en hausse cette année: «Depuis 1993, les ventes diminuaient chaque année de 5 à 10%. Les gens demandaient 500 grammes au lieu d’acheter un kilo. Cette année, on enregistre une augmentation de 8%», observe M. Vidal Miquel. (AFP)


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine