L’hebdomadaire «Stern» publie dans son édition de jeudi des photos de soldats en uniforme de la caserne Franz-Josef Strauss d’Altenstadt (Bavière -Sud), posant devant un drapeau nazi avec à la main un portrait d’Adolf Hitler ou une croix gammée. Sur d’autres clichés, un homme vêtu d’un treillis déroule des affichettes de propagande nazie.
La semaine dernière déjà, le ministère de la Défense avait annoncé des sanctions contre six sous-officiers de la même compagnie qui se sont vu interdire de porter l’uniforme après la découverte de photos datant de 1993. Le Parquet de Munich (sud) avait alors été saisi.
«Stern» affirme que ces soldats commémorent régulièrement des événements clés du nazisme, comme le 20 avril 1889, date de naissance du Fuehrer, le 1er septembre 1939, début de la Deuxième Guerre mondiale ou le 20 mai 1941, jour d’une opération de parachutistes allemands en Crète qui passe pour l’un des hauts faits d’armes de l’armée du IIIe Reich.
L’existence de ces commémorations n’a pas été confirmée au ministère, où l’on a en revanche indiqué que l’enquête avait permis de mettre la main sur une nouvelle cassette vidéo datant de 1990, dans laquelle des soldats lancent «Heil Hitler» et font le salut nazi. Le ministère a précisé que le seul soldat n’ayant pas quitté l’armée depuis les faits avait été suspendu.
Face à cette accumulation d’incidents, M. Ruehe a annoncé devant la commission de la Défense du Bundestag (Chambre des députés) qu’une vaste enquête serait menée, suggérant la création d’une commission indépendante qui aurait toute latitude pour enquêter dans l’armée avec le soutien du ministère. Ses missions précises et sa mise en place pourraient être décidées avant Noël.
Le ministre a précisé qu’un autre rapport d’enquête devait lui être remis d’ici à un mois par le directeur des services juridiques du ministère, car «il n’est pas exclu» que des fonctionnaires du ministère fassent l’objet de soupçons.
«Je ne laisserai pas l’armée allemande devenir un objet général de suspicion», a assuré M. Ruehe. «L’extrémisme de droite, a-t-il dit, est un problème de société qui touche de ce fait aussi l’armée».
Le ministre s’efforce depuis plusieurs jours de restaurer l’image d’une Bundeswehr mise à mal ces derniers mois par la révélation de plusieurs dérives d’extrême-droite, notamment un exposé dans une école d’officiers de Hambourg (nord) par un chef de file du mouvement néo-nazi en 1995.
Il a répété sa «condamnation la plus vive» de l’invitation lancée à Manfred Roeder, un ancien avocat condamné en 1982 à la prison pour activités terroristes. M. Ruehe s’était efforcé de réagir rapidement à cette affaire révélée au cours du week-end, en annonçant dès lundi des sanctions disciplinaires contre l’officier à l’origine de l’invitation.
Les soupçons sur la présence de courants néo-nazis dans l’armée avaient été déclenchés par l’apparition ces derniers mois de deux vidéos. Tournées entre 1994 et 1996, elles montraient des soldats faisant le salut hitlérien, proférant des slogans racistes, simulant une interview sur l’extermination des juifs ou se livrant à des simulacres de viols ou d’exécutions. (AFP)


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