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Actualités - Chronologie

Les entreprises ivoiriennes en guerre contre le Sida

Plusieurs entreprises ivoiriennes, parmi les plus performantes, se sont lancé un nouveau défi: lutter contre le sida qui décime leur personnel dans la fleur de l’âge.
Filtisac, producteur local de sacs de jute, article essentiel chez le premier producteur mondial de cacao, s’est rendu compte dès 1991 que la majorité des décès de ses employés étaient dus au virus HIV.
Pour convaincre la direction d’engager le combat, le Dr Sadou Diallo a démontré que le poids économique du sida (absentéisme, prise en charge des malades et de leurs familles...) était 18 fois supérieur au coût de la prévention.
Depuis, une équipe médicale permanente a été installée et les ouvriers ont été formés pour diffuser l’information sur le sida à leurs collègues.
De réunions en kermesses de «détente et de sensibilisation», le nombre de cas de MST recensés dans l’entreprise a chuté de 625 à 208 entre 1992 et 1996, ce qui «traduit probablement un début de changement de comportement sexuel», estiment les responsables de Filtisac, qui s’interdisent tout dépistage systématique.
Depuis 1992, 46 cas de sida déclarés ont été enregistrés (soit 2% du personnel). Trente-trois sont décédés, 13 cas sont suivis.
La Compagnie ivoirienne d’électricité (CIE), société privatisée et reprise par le groupe Bouygues, est également en pointe dans ce domaine, avec ses 220 volontaires formés par le Programme national contre le sida, ses caravanes sida… Mais ses dirigeants répugnent encore à s’en honorer, de crainte que la société ne soit «montrée du doigt».

Femmes du port

Au port autonome d’Abidjan, l’un des plus importants d’Afrique de l’Ouest, on hésite à évoquer le nombre de salariés atteints par la maladie. «La Côte d’Ivoire est très touchée par le sida, le port aussi», avance prudemment le Dr Ignace Beugré.
«C’est vrai que dans le port de pêche, surtout la nuit, il y a beaucoup de femmes et de filles», ajoute Marie-Pierre Niango, responsable de la toute nouvelle cellule de prévention à laquelle participent médecins, assistantes sociales et représentants du personnel.
Au port, des préservatifs ont déjà été distribués, «du directeur au petit manœuvre», explique le Dr Ignace Beugré. Tous les deux mois, les agents reçoivent en même temps que leur fiche de salaire un petit «message éducatif».
Dernier en date: «Dépensez avec votre famille l’argent que vous avez durement gagné. Evitez les aventures sexuelles douteuses et extraconjugales. Protégez-vous du sida, protégez les autres».
Pour le 1er décembre, Journée mondiale contre le sida, chacun a reçu un dépliant sur la maladie et un paquet de préservatifs: quatre pour les hommes et deux pour les femmes, car «la pochette est plus discrète».
Au port comme chez Filtisac, on s’interdit tout dépistage automatique, et les personnes atteintes de la maladie se voient proposer des postes moins éprouvants.
Mais ce n’est pas encore le cas partout. Le secrétaire général d’une association de personnes «vivant avec le VIH» affirme avoir été évincé il y a quelques années du personnel d’un grand hôtel d’Abidjan... qui n’est autre que celui accueillant la conférence sur le sida qui s’ouvre le 7 décembre.
Interrogée, la direction a affirmé qu’«il n’y a pas eu de licenciement de gens malades», ajoutant qu’une nouvelle équipe, «très sensibilisée au problème du sida», était désormais aux commandes. (AFP)
Plusieurs entreprises ivoiriennes, parmi les plus performantes, se sont lancé un nouveau défi: lutter contre le sida qui décime leur personnel dans la fleur de l’âge.Filtisac, producteur local de sacs de jute, article essentiel chez le premier producteur mondial de cacao, s’est rendu compte dès 1991 que la majorité des décès de ses employés étaient dus au virus HIV.Pour convaincre la direction d’engager le combat, le Dr Sadou Diallo a démontré que le poids économique du sida (absentéisme, prise en charge des malades et de leurs familles...) était 18 fois supérieur au coût de la prévention.Depuis, une équipe médicale permanente a été installée et les ouvriers ont été formés pour diffuser l’information sur le sida à leurs collègues.De réunions en kermesses de «détente et de sensibilisation», le...