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Actualités - Chronologie

Le poulain de Milosevic tente de barrer la route au candidat d'extrême-droite

Slobodan Milosevic a offert un cadeau empoisonné à son chef de la diplomatie Milan Milutinovic en le désignant candidat à la présidence serbe face à l’ultra-nationaliste Vojislav Seselj, qui avait failli l’emporter il y a deux mois.
La montée de l’extrême-droite aux législatives de septembre — elle est devenue la deuxième force politique du pays — avait constitué une première alerte sérieuse pour le régime de Milosevic.
La percée inattendue de Seselj qui avait devancé Zoran Lilic, autre collaborateur du président yougoslave, lors du scrutin invalidé du 5 octobre, a incité le pouvoir à attaquer de front ce redoutable prétendant à la fonction suprême.
«Le fascisme ne passera pas en Serbie», a martelé tout au long de sa campagne Milutinovic, 54 ans, nouveau candidat désigné par Milosevic et son Parti socialiste (SPS).
Ministre des Affaires étrangères depuis août 1995, après avoir été ambassadeur en Grèce, Milutinovic a participé en novembre de la même année aux négociations de paix de Dayton (Etats-Unis).
Sa première tâche étant de mieux se faire connaître par la population, il a sillonné la Serbie, multipliant discours et interviews pour dénoncer «la politique funeste des fauteurs de guerre».
«Le monde n’acceptera jamais les forces d’extrême-droite» et le monde «attend notre victoire et notre ouverture vers l’Europe», a-t-il répété, attaquant «ceux qui pensent que nous devons nous renfermer, que nous sommes un peuple céleste, ceux qui rêvent d’une Grande Serbie».
Confronté à l’extrémisme de Seselj, idole des nationalistes les plus frustrés par une guerre qu’ils estiment avoir perdue, Milutinovic a choisi de défendre quelques idées proches de celles de son adversaire: il a rejeté toute forme d’autonomie pour les Albanais du Kosovo et exclu que des Yougoslaves accusés de crimes de guerre soient livrés à la justice internationale.
Milutinovic a cependant évité l’erreur commise par Lilic, qui s’était laissé malmener par Seselj dans un face-à-face télévisé.
Dans sa croisade contre Seselj, Milutinovic a été aidé par un autre candidat, le chef du Mouvement serbe du renouveau (SPO), Vuk Draskovic qui, lui, a affronté le leader de l’extrême-droite devant les caméras.
Dans un duel haut en couleur, Draskovic a mis Seselj au défi de «prouver qu’il est Serbe». Il a exhibé son acte de naissance orthodoxe, ainsi que des pages d’annuaires téléphoniques croates comportant une longue liste de Seselj, un nom extrêmement rare en Serbie.
«Peu m’importe que vous soyez Serbe ou non, mais cela n’est pas sans importance si vous briguez la présidence», a-t-il lancé.
Devant un adversaire interloqué, qui l’a accusé de «frayer avec les socialistes», Draskovic n’a pas manqué de rappeler que Seselj avait menacé de bombarder des capitales européennes, «faisant que les Serbes soient cloués au pilori».
Milutinovic s’est engagé, s’il était élu, à poursuivre les «profiteurs de l’embargo», qui se sont enrichis illicitement en contournant les sanctions commerciales contre la Yougoslavie (RFY — Serbie et Monténégro).
Il a prôné la gratuité de l’enseignement et de la santé, proposé d’annuler la dette des agriculteurs qui n’ont pas payé leurs impôts pendant l’embargo et estimé que les mères d’au moins trois enfants avaient droit à un salaire.
La lutte entre Milutinovic et Seselj s’annonce indécise. Dans un sondage réalisé en novembre, Seselj venait largement en tête des intentions de vote. Mais un autre sondage plus récent, dont les résultats ont été publiés mercredi, donnait une légère avance au candidat socialiste. Dans les deux cas, Draskovic était nettement devancé par ces deux rivaux. (AFP)
Slobodan Milosevic a offert un cadeau empoisonné à son chef de la diplomatie Milan Milutinovic en le désignant candidat à la présidence serbe face à l’ultra-nationaliste Vojislav Seselj, qui avait failli l’emporter il y a deux mois.La montée de l’extrême-droite aux législatives de septembre — elle est devenue la deuxième force politique du pays — avait constitué une première alerte sérieuse pour le régime de Milosevic.La percée inattendue de Seselj qui avait devancé Zoran Lilic, autre collaborateur du président yougoslave, lors du scrutin invalidé du 5 octobre, a incité le pouvoir à attaquer de front ce redoutable prétendant à la fonction suprême.«Le fascisme ne passera pas en Serbie», a martelé tout au long de sa campagne Milutinovic, 54 ans, nouveau candidat désigné par Milosevic et son Parti...