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Actualités - Chronologie

Pakistan : Nawaz Sharif consolide son pouvoir dans une démocratie affaiblie (photos)

Le président pakistanais Farooq Leghari en démissionnant mardi sous la pression de l’armée laisse le champ libre au premier ministre Nawaz Sharif qui accroît ainsi son emprise sur les institutions d’une démocratie encore très fragile.
Il ne fait guère de doute en effet que le prochain président sera un proche de M. Sharif, dans la mesure où son parti, la Ligue musulmane pakistanaise (LMP), contrôle le collège des grands électeurs qui doit désigner dans les 30 jours le successeur de M. Leghari.
Ce collège comprend les députés, les sénateurs ainsi que les membres des assemblées régionales où la Ligue dispose de solides majorités après les élections générales de février dernier.
Au lendemain de cette victoire, M. Sharif a d’abord rogné les pouvoirs du président en supprimant par voie parlementaire son droit constitutionnel de dissoudre l’Assemblée nationale et de destituer le gouvernement.
Le premier ministre a ensuite voulu affirmer son autorité sur la Cour suprême, en réduisant, par la même voie, le nombre de ses juges. La tentative a été contrée par le président de la Cour, le juge Sajjad Ali Shah qui a bénéficié du soutien du président Leghari. Très vite, le conflit est devenu un affrontement personnel irréductible entre le chef du gouvernement et ce haut magistrat.
Cette crise a une nouvelle fois montré la faiblesse et l’instabilité des institutions politiques du Pakistan où aucun président et un seul premier ministre — Zulficar Ali Bhutto de 1971 à 1987 — est allé au terme normal de son mandat.

La lassitude de
la population

Elle ne peut que renforcer le scepticisme d’une population, lasse du jeu des politiciens qu’elle considère comme largement corrompus et inaptes à maîtriser la crise économique du pays.
L’armée a, de son côté, montré une nouvelle fois son poids. Sans elle rien ne peut se faire au Pakistan et surtout pas le dénouement des crises politiques. C’est désormais le seul talon d’Achille de Nawaz Sharif.
Enfin, les divisions des juges de la Cour suprême, la plus haute instance judiciaire du pays, et les décisions qu’elle a prises pour soutenir Leghari ou Sharif ces derniers jours — souvent au mépris de la loi qu’elle est censée défendre — n’a pas manqué de faire perdre son crédit à cette intitution, jusque-là respectée.
L’armée, en persuadant M. Leghari de partir, a cependant choisi la solution «la plus raisonnable et finalement la plus douce», a estimé un observateur.
Le président sortant ne dispose d’aucune base partisane ou populaire, ce qui rendait son départ plus facile que celui de M. Sharif — l’autre option qui s’offrait aux militaires — dont la majorité parlementaire écrasante lui assure une position plus solide.
Restait l’éventualité de nouvelles élections anticipées, moins de dix mois après celles qui avaient porté la Ligue musulmane de M. Sharif au pouvoir. Mais «il était difficile de tenir des élections si rapprochées, alors que la population est déjà excédée par ces jeux politiciens qu’elle considère comme de plus en plus stériles», estimait un analyste. (AFP)


Le président pakistanais Farooq Leghari en démissionnant mardi sous la pression de l’armée laisse le champ libre au premier ministre Nawaz Sharif qui accroît ainsi son emprise sur les institutions d’une démocratie encore très fragile.Il ne fait guère de doute en effet que le prochain président sera un proche de M. Sharif, dans la mesure où son parti, la Ligue musulmane pakistanaise (LMP), contrôle le collège des grands électeurs qui doit désigner dans les 30 jours le successeur de M. Leghari.Ce collège comprend les députés, les sénateurs ainsi que les membres des assemblées régionales où la Ligue dispose de solides majorités après les élections générales de février dernier.Au lendemain de cette victoire, M. Sharif a d’abord rogné les pouvoirs du président en supprimant par voie parlementaire son droit...