Le président pakistanais Farooq Ahmed Leghari a démissionné de ses fonctions à Islamabad, perdant ainsi le bras de fer qui l’a opposé au premier ministre Nawaz Sharif au cours d’une grave crise constitutionnelle.
Le président Leghari, 57 ans, a annoncé sa démission tout en accusant le premier ministre de vouloir un «pouvoir total» et pour cela d’avoir tenté de «conquérir et asservir» la Cour suprême, la plus haute instance judiciaire du pays.
«J’ai décidé de démissionner (...) pour préserver la Constitution et l’Etat de droit», a annoncé le président au cours d’une conférence de presse tenue au palais présidentiel.
Selon la constitution pakistanaise, c’est le président du Sénat, la Chambre haute du Parlement, Wasim Sajjad, un allié politique de Nawaz Sharif, qui assurera l’intérim présidentiel jusqu’à l’élection du nouveau chef de l’Etat par un collège de grands électeurs regroupant les députés, les sénateurs et les membres des assemblées régionales.
Cette démission du président, un an avant le terme légal de son mandat de cinq ans, est intervenue au soir d’une journée folle qui avait porté à son paroxysme la crise constitutionnelle qui secoue le Pakistan depuis des mois.
Elle a été précédée par d’intenses discussions avec l’armée — toute puissante dans le pays et sans laquelle aucune décision politique majeure ne peut être prise — dont le chef, le général Gehangir Karamat, a eu des entretiens séparés avec le président et le premier ministre en milieu de journée pour sortir de l’impasse.
La situation était en effet totalement bloquée après qu’un tribunal de la Cour suprême eut ordonné mardi la suspension du 13e amendement adopté en avril par le Parlement et qui retirait au président le pouvoir de dissoudre l’Assemblée nationale où le premier ministre Nawaz Sharif dispose d’une majorité écrasante depuis les élections générales du mois de février dernier. (AFP)


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