M. Tahboub, 73 ans, qui habite Jérusalem et dont la famille est originaire de Hébron, a discrètement réussi à contourner la décision israélienne d’interdire à l’Autorité palestinienne, présidée par Yasser Arafat, toute activité à Jérusalem.
M. Tahboub utilise pour cela son poste de président du Haut comité islamique, dont le quartier général est à l’intérieur des murailles séculaires de la vieille ville de Jérusalem, en secteur oriental annexé par Israël.
Les bureaux du comité, où M. Tahboub travaille, sont situés dans un beau bâtiment mamelouk datant de 750 ans, surmonté d’un dôme, à quelques pas de la mosquée al-Aqsa et du Dôme du Rocher, sur l’Esplanade des mosquées.
Lorsqu’il créa ce comité avec d’autres dignitaires musulmans, au moment de l’occupation israélienne, pour empêcher toute intervention israélienne dans les affaires islamiques, M. Tahboub ne se doutait pas que cet organisme l’aiderait, 30 ans plus tard, à exercer des fonctions ministérielles.
«Je suis ici tous les jours de la semaine et je remplis mes fonctions de ministre aussi bien que de chef du Haut comité islamique», dit-il avant d’ajouter en riant: «Bien sûr, j’ai beaucoup de chance, je suis très heureux et très satisfait» d’être à Jérusalem.
M. Tahboub reçoit ses visiteurs et mène sa correspondance depuis ce bureau, dont le dernier étage est occupé depuis des années par des colons juifs.
Cependant, les fonctionnaires de son ministère travaillent dans un autre bâtiment, à Béthanie (el-Azariya), dans la banlieue de Jérusalem-Est, en dehors des limites municipales fixées par Israël.
En tant que ministre des Affaires religieuses, M. Tahboub a autorité sur le Waqf, l’administration des biens musulmans, mais paradoxalement pas à Jérusalem, du moins officiellement.
Depuis 1967, le Waqf de Jérusalem dépend en effet du Waqf jordanien, financièrement et administrativement. Cependant, depuis que l’Autorité palestinienne a été instituée en 1994, les Palestiniens en ont largement repris le contrôle. M. Arafat a ainsi nommé le mufti de Jérusalem, cheikh Ekrima Sabri, qui a éclipsé le mufti nommé par la Jordanie.
Israël ferme les yeux sur les activités de M. Tahboub, pour éviter d’attiser un peu plus les conflits religieux à Jérusalem. «Je n’ai jamais été harcelé directement par les Israéliens. Parfois, cependant, j’ai noté que des responsables israéliens ont fait des déclarations contre moi», explique le ministre. (AFP)


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