S’apprêtant à des discussions serrées aux Nations Unies, les responsables de l’administration Clinton ont ainsi réitéré que l’Irak devait faire preuve d’un «modèle de conformité» par rapport à toutes les résolutions de l’ONU pendant un certain temps pour que la levée des sanctions puisse être envisagée.
Le conseiller pour la sécurité nationale, Sandy Berger, est allé un peu plus loin, en affirmant que le retrait des inspecteurs de l’ONU il y a six jours signifiait qu’un débat sur les sanctions serait repoussé jusqu’à ce que les experts puissent reconstituer leurs travaux.
Le président irakien Saddam Hussein «a repoussé la date à laquelle, dans mon esprit, on peut imaginer la fin des travaux de l’UNSCOM», a-t-il dit.
«Nous sommes encore loin de répondre à cette question», a répondu en écho un haut responsable américain, ayant requis l’anonymat, interrogé sur la levée de l’embargo qui frappe l’Irak depuis l’invasion du Koweït en 1990.
«Franchement, la lumière au bout du tunnel ne pourra apparaître que lorsque les inspecteurs de l’ONU auront été capables d’achever leur tâche et, étant donné le comportement récent de l’Irak, cela prendra plus de temps que prévu», a-t-il ajouté.
L’Irak se plaint régulièrement de l’embargo et accuse les Américains d’utiliser l’UNSCOM pour assurer que les mesures punitives restent en place de manière indéfinie.
La Russie et la France estiment pour leur part que l’embargo pétrolier pourra être levé une fois que l’UNSCOM aura conclu que l’Irak a détruit ses capacités militaires biologiques, chimiques et balistiques.
Le gouvernement américain adopte, lui, une vue plus large, estimant que Bagdad doit respecter toutes les résolutions de l’ONU qui la concernent. Ainsi de celles qui exigent de l’Irak la libération de tous les prisonniers de guerre, le règlement de tous les litiges, l’aide aux organisations internationales pour établir la trace des personnes disparues et un engagement à ne pas soutenir le terrorisme.
Préoccupation
Les responsables américains ont également exprimé leur préoccupation que l’Irak soit autorisé à refinancer son programme d’armement à partir des revenus pétroliers, une fois que l’embargo aura été levé, et continuent d’insister pour une sorte de contrôle permanent.
A Paris, le ministre français des Affaires étrangères, Hubert Védrine, a salué la sortie de la crise, tout en se faisant l’écho des inquiétudes de la Russie sur la nécessité d’apporter des encouragements à l’Irak.
«Il faut pouvoir dire de façon claire dans quelles conditions et quand les Irakiens pourront sortir du tunnel», a-t-il dit.
Et dans une évidente critique de la politique américaine, il a estimé que la méthode de la carotte et du bâton encouragerait davantage l’Irak à la coopération, que la menace militaire.
Les responsables américains ont indiqué s’attendre dans les prochains jours à ce que les Russes, appuyés par la France, présentent au Conseil de Sécurité de l’ONU les plaintes irakiennes selon lesquelles les conditions pour la levée des sanctions ne sont pas réalistes.
L’annonce d’un accord sur un retour des inspecteurs de la commission de l’ONU chargée de superviser le désarmement irakien avait été faite jeudi à l’aube après que Mme Albright, les chefs de la diplomatie de la Grande-Bretagne et de la France, et un ambassadeur chinois, eurent entendu à Genève un rapport du ministre russe des Affaires étrangères, Evguéni Primakov, sur les efforts de Moscou.
Pour sa part, le vice-premier ministre irakien, Tarek Aziz, s’est dit confiant que «si (l’accord) réussit, nous espérons voir la levée des sanctions contre l’Irak». (AFP)


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