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Actualités - Chronologie

Moscou attend de sa victoire diplomatique des retombées financières

La Russie, vieille alliée de Bagdad, a obtenu de l’Irak qu’il accepte le retour des inspecteurs de l’ONU, une victoire diplomatique dont Moscou attend aussi des retombées financières.
«C’est un grand succès de la diplomatie russe, reconnu par absolument tout le monde, un grand succès du président russe Boris Eltsine qui a dirigé tout ce qui s’est fait ces derniers temps», a jubilé le ministre russe des Affaires étrangères Evgueni Primakov, artisan de cette médiation, sur la télévision russe ORT.
De l’avis de tous les analystes, Moscou a «habilement utilisé» et mis au service de la communauté internationale la vieille amitié entre la Russie et l’Irak héritée de l’Union soviétique, et les contacts de M. Primakov, spécialiste de longue date des pays arabes et arabisant, qui connaît personnellement le président irakien Saddam Hussein depuis plus de vingt ans.
«C’est le premier succès diplomatique de la Russie depuis cinq ou six ans car les deux parties (Etats-Unis et Irak) avaient besoin de Moscou, ce qui n’était pas le cas en Bosnie par exemple», estime Andreï Piontkowski directeur de l’Institut stratégique de Moscou.
Le président russe Boris Eltsine et le vice-premier ministre irakien Tarek Aziz, venu à Moscou de façon inattendue, ont élaboré dès mardi un plan de sortie de la crise avec l’ONU, qui a éclaté en octobre. M. Primakov, de son côté, a multiplié les contacts avec Bagdad et avec les membres permanents du Conseil de Sécurité de l’ONU.
Washington, en haussant le ton après l’expulsion des inspecteurs la semaine dernière, et en menaçant de recourir à la force, s’est placé dans la situation délicate de devoir mettre ses menaces à exécution sous peine de perdre la face.
«La Russie a tiré profit de l’arrogance des Etats-Unis pour démontrer l’importance de sa présence politique dans la région», poursuit M. Piontkowski.
Outre le succès diplomatique, qui rehausse l’image de la Russie comme grande puissance sur la scène internationale, Moscou peut s’attendre à moyen terme à des retombées financières intéressantes, selon les analystes.
«La levée de l’embargo sur les exportations de pétrole irakien permettra dans un premier temps de mettre en œuvre des contrats d’exploration pétrolière en Irak signés par des entreprises russes et dont les projets sont pour le moment bloqués», selon un diplomate occidental en poste à Moscou.
«A plus long terme, quand il y aura des entrées de devises étrangères en Irak, les pays créanciers de Bagdad vont pouvoir espérer le remboursement des dettes irakiennes», poursuit ce diplomate, rappelant que l’Irak doit environ 7 milliards de dollars à Moscou selon les chiffres russes.
En outre, l’armée irakienne, équipée essentiellement de matériel soviétique, aura besoin de l’aide russe pour se moderniser. (AFP)
La Russie, vieille alliée de Bagdad, a obtenu de l’Irak qu’il accepte le retour des inspecteurs de l’ONU, une victoire diplomatique dont Moscou attend aussi des retombées financières.«C’est un grand succès de la diplomatie russe, reconnu par absolument tout le monde, un grand succès du président russe Boris Eltsine qui a dirigé tout ce qui s’est fait ces derniers temps», a jubilé le ministre russe des Affaires étrangères Evgueni Primakov, artisan de cette médiation, sur la télévision russe ORT.De l’avis de tous les analystes, Moscou a «habilement utilisé» et mis au service de la communauté internationale la vieille amitié entre la Russie et l’Irak héritée de l’Union soviétique, et les contacts de M. Primakov, spécialiste de longue date des pays arabes et arabisant, qui connaît personnellement le...