Dans une résolution adoptée à l’unanimité des députés présents, l’Assemblée nationale soudanaise a demandé au gouvernement d’appliquer «le principe de réciprocité» aux Etats-Unis, en «restreignant les mouvements des officiels et des ressortissants américains sur le territoire du Soudan».
Le Parlement a réclamé, en outre, l’adoption de mesures tendant à «geler» le rôle «suspect» des Etats-Unis dans le processus de paix au Sud-Soudan.
Il a estimé, à cet égard, que Washington n’était plus crédible dans ses efforts visant à mettre un terme à la guerre civile entre, d’une part, les chrétiens et les animistes du sud et, d’autre part, les arabo-musulmans du nord, qui a fait un million de morts depuis quatorze ans.
Les députés ont également appelé à l’exercice d’un contrôle sur les vols non autorisés d’avions américains dans l’espace aérien soudanais.
Ils ont, cependant, rejeté, dans un «geste de flexibilité», des propositions avancées par certains d’entre eux pour fermer des sociétés commerciales américaines opérant au Soudan, notamment Pepsi Cola et Coca Cola, et l’arrêt de l’émigration de jeunes Soudanais aux Etats-Unis.
Pour sa part, le gouverneur de la Banque du Soudan, Abdallah Hassan Ahmed, a informé le Parlement que les autorités avaient ouvert des comptes dans des devises autres que le dollar, citant entre autres le franc suisse.
Selon lui, le gel des avoirs soudanais n’a eu qu’un «effet limité» sur l’économie soudanaise, les sanctions américaines ne portant pas sur les institutions bancaires privées.
Le président soudanais Omar Béchir avait annoncé dimanche le boycottage du dollar, en riposte à l’embargo américain, en soutenant que les sanctions américaines «n’intimideraient pas le Soudan».
Mardi, le président soudanais avait considéré ces sanctions comme un «acte terroriste et de piraterie», et averti que Khartoum «allait agir de la même manière» avec l’administration américaine.
Washington avait décrété le 4 novembre le gel de tous les biens de l’Etat soudanais aux Etats-Unis, l’interdiction de toute importation de produits soudanais, à l’exception de matériel ayant trait à l’information, et de toute exportation vers le Soudan de produits, services et technologies américains.
Le lendemain, le ministère soudanais des Affaires étrangères avait annoncé la prochaine adoption de sanctions «similaires» contre les Etats-Unis.
Khartoum estime que ces sanctions auront peu d’impact, en notant que les avoirs soudanais aux Etats-Unis sont faibles (entre 3 et 4 millions de dollars) et que les échanges commerciaux entre les deux pays sont limités.
Le Soudan est l’un des pays les plus pauvres du monde avec un Produit intérieur brut (PIB) de 250 dollars par an et par habitant, selon les derniers chiffres disponibles, une inflation de près de 100% et de fréquentes pénuries d’aliments, d’essence et d’électricité. (AFP)


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