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Actualités - Chronologie

Hard rock, gangsta rap, rock de choc Le disque qui tue (photo)

«Déshabillée, violée et étranglée», chante le groupe «Cannibal Corpse». Tout un programme, le titre autant que le nom des chanteurs. Le Congrès US veut partir en guerre contre la musique qui pousse à la violence. Réponse des défenseurs de ce style: «Cela rappelle les critiques qui prenaient pour cible autrefois les déhanchements d’Elvis...».
Violence, meurtres, viols, drogue, le Congrès américain vient de se faire l’écho des inquiétudes suscitées par la dureté croissante des paroles véhiculées par le hard rock, le gangsta rap ou autres «rockers de choc» et des effets qu’elle peut avoir sur les adolescents.
«Si les parents des années cinquante n’aimaient pas les hanches ondulantes de Elvis Presley, ces personnes seraient stupéfaites de voir à quel point nous avons atteint rapidement la mentalité du «sans limites» dans les années 90», a déclaré Frank Palumbo, de l’Académie américaine de pédiatrie.
Il s’exprimait dans une salle comble, devant une sous-commission du Sénat réunie à l’initiative du sénateur républicain Sam Brownback. La réunion n’avait pas pour objectif d’examiner un projet de loi, mais plutôt de discuter publiquement des conséquences que peuvent avoir certains types de musique chez les jeunes, ainsi que les vidéos les accompagnant.
Femmes avilies, éloge de la mort, de la torture, du suicide, du nihilisme absolu. Des sénateurs, démocrate ou républicain, ont présenté un florilège de textes de chansons aux titres tels que «déshabillée, violée et étranglée», du groupe «Cannibal Corpse», littéralement «cadavre cannibale» ou «Ne fais pas confiance à une P...», du groupe «Mo Thugs».
Cette nouvelle variété de rock a même désormais un nom: le «rock de choc».
L’un des groupes les plus provocateurs de cette mouvance, Marylin Manson – qui défraie régulièrement la chronique aux Etats-Unis – s’est une nouvelle fois retrouvé sur la sellette. Le père d’un adolescent a raconté comment son fils s’est donné la mort en écoutant sa chanson favorite du groupe, «The Reflecting God», qui, selon lui, appelle sans équivoque au suicide.
«Cette musique, qui Glorifie l’intolérance humaine et la haine, et fait l’éloge du suicide, contredit toutes les valeurs de (notre) communauté», a lancé Raymond Kuntz.

Tabous

Un spécialiste de communications à l’université de Stanford (Californie), Donald Roberts, a relevé que le hard rock, le rap ou le «rock de choc» évoquaient des «sujets tabous» aux Etats-Unis, comme la sexualité, que «les parents, les écoles et les églises abordent mal».
«Aujourd’hui, a-t-il dit, les adolescents obtiennent la plupart de leurs renseignements sur le sexe et la sexualité par leurs camarades et les médias, et les médias musicaux, en raison de leur insistance sur de tels sujets, sont particulièrement susceptibles de remplir ce besoin».
Le sénateur démocrate Joseph Lieberman s’en est pris pour sa part à l’industrie du disque, en regrettant que beaucoup «aient refusé de reconnaître nos préoccupations».
«Nous avons souvent entendu dire qu’un disque n’a jamais tué personne (...). Cela doit cesser», a-t-il ajouté.
Selon le sénateur, des compagnies telles que Seagram, Time Warner, Sony, etc., «doivent arrêter de se cacher derrière le Premier Amendement (à la Constitution protégeant la liberté d’expression) et faire face aux dégâts provoqués par certains de leurs produits. Il n’est pas question de censure, il est question de civisme».
«Personne et aucune industrie ne devrait être autorisé à continuer à participer à l’empoisonnement social et psychologique de jeunes esprits» dans ce pays, a quant à elle souligné Delores Tucker, présidente du Congrès national politique des femmes noires et très active contre ce qu’elle considère les ravages du gangsta rap chez les jeunes Noirs. Selon elle, un véritable «cancer culturel s’étend à travers l’Amérique».
L’industrie du disque était présente pour se défendre, en la personne de Hillary Rosen, présidente de l’Association américaine de l’industrie des enregistrement.
Pour elle, les critiques qui ont accueilli Elvis Presley et ses gesticulations sur scène dans les années cinquante ressemblent étrangement à celles dénonçant les goûts musicaux des jeunes actuels.
«Les paroles les plus controversées» dans la musique des jeunes, a-t-elle déclaré, «reflètent certainement la violence de notre culture (...). Mais, a-t-elle ajouté, des études médicales sont parvenues à la conclusion que si la musique peut traduire l’état émotionnel d’un adolescent, elle n’en est pas la cause». (AFP)
«Déshabillée, violée et étranglée», chante le groupe «Cannibal Corpse». Tout un programme, le titre autant que le nom des chanteurs. Le Congrès US veut partir en guerre contre la musique qui pousse à la violence. Réponse des défenseurs de ce style: «Cela rappelle les critiques qui prenaient pour cible autrefois les déhanchements d’Elvis...».Violence, meurtres, viols, drogue, le Congrès américain vient de se faire l’écho des inquiétudes suscitées par la dureté croissante des paroles véhiculées par le hard rock, le gangsta rap ou autres «rockers de choc» et des effets qu’elle peut avoir sur les adolescents.«Si les parents des années cinquante n’aimaient pas les hanches ondulantes de Elvis Presley, ces personnes seraient stupéfaites de voir à quel point nous avons atteint rapidement la mentalité du...