Le chef de l’Etat cubain et ancien maquisard révolutionnaire a donné l’apparence d’un homme frêle, voire épuisé, au milieu de ses pairs latino-américains dont il est aujourd’hui le doyen en terme d’années de pouvoir.
Ces derniers, dont l’Argentin Carlos Menem et le Nicaraguayen Arnoldo Aleman, ne se sont pourtant pas fait prier pour critiquer ouvertement le régime communiste de Castro, en place depuis 38 ans.
Mais plusieurs diplomates présents au VIIe sommet ibéro-américain, seule manifestation internationale en dehors des Nations Unies à laquelle participe Cuba, notaient que l’île communiste n’était plus un sujet de tension dans la région.
«Il est préférable d’inviter Cuba plutôt que de l’exclure», déclarait même le président vénézuélien Rafael Caldera, hôte du sommet.
Dans son intervention à la tribune du sommet, Fidel Castro a surpris par sa — relative — concision. Il a affirmé que Cuba était «une démocratie authentique, un gouvernement du peuple par le peuple» et que son bilan était tout à fait éloquent en matière d’éducation et de santé.
Le thème principal de la réunion («Les Valeurs éthiques de la démocratie») n’avait rien, il est vrai, pour passionner les foules.
Du moment où il a foulé le sol vénézuélien, tous les mouvements, gestes et paroles de Fidel Castro ont été examinés à la loupe tant par les journalistes que par les diplomates. Même l’état de la barbe légendaire du guérillero de la Sierra Maestra était de toutes les conversations.
Mais Fidel Castro n’a pas semblé, pour une fois, se réjouir de voir les projecteurs de l’actualité braqués sur sa personne.
A certains moments, il a paru las et on a même cru un instant qu’il allait s’endormir lors des interminables séances.
Au soir du premier jour, et après avoir beaucoup bâillé l’après-midi, El Comandante a fait l’impasse sur la soirée musicale et s’est éclipsé dans sa chambre.
Commentaire d’un diplomate d’Amérique latine: «Il semblait complètement anéanti toute la journée, comme un somnambule.»
Tel n’était pas l’avis de la délégation officielle cubaine où l’on assurait que le président, qui est âgé de 71 ans, était en excellente santé. «Il a vu tout le monde, du président de la République dominicaine au roi d’Espagne», soulignait un responsable cubain.
Le Portugal accueillera en 1998 le prochain sommet ibéro-américain. Cuba devrait organiser le suivant, en 1999. (Reuter)


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