L’ex-juge anticorruption vedette Antonio Di Pietro a été élu sénateur lors d’une élection partielle dans la circonscription de Mugello au nord de Florence dont les résultats ont été publiés dans la nuit de dimanche à lundi.
Antonio Di Pietro a été élu sous les couleurs de la coalition de centre-gauche au pouvoir l’Olivier avec 67,75% des voix contre 16,14% recueillis par son adversaire de la coalition de droite Le Pôle des libertés, 13% par le candidat des communistes et 3,1% des sécessionnistes de la Ligue du Nord.
Lors des précédentes élections, en 1996, le candidat de l’Olivier avait obtenu 66,5% des voix et s’était présenté en faisant une alliance avec les communistes de Refondation communiste. Les communistes font partie de la majorité parlementaire mais ne participent pas au gouvernement.
Di Pietro a estimé que ce vote démontrait que «la gauche modérée unie avec le centre modéré peut avoir la majorité».
Antonio Di Pietro, 47 ans, est l’homme le plus populaire d’Italie. Il est connu dans le monde entier comme le juge qui, à la tête du pool d’enquêtes de Milan (nord), a lancé en 1992 l’opération anticorruption Mani pulite (mains propres) qui a contribué à l’effondrement de la démocratie chrétienne et de ses alliés socialistes qui dominaient la vie politique italienne.
Après la victoire du centre-gauche de Romano Prodi, il a été nommé ministre des Travaux publics mais a démissionné en novembre 1997 après l’ouverture d’une enquête judiciaire contre lui.
Il est la bête noire d’une partie de la classe politique italienne dont en particulier Silvio Berlusconi dont il a provoqué la chute en enquêtant sur son empire de communication la Fininvest et en ouvrant des enquêtes sur lui pour corruption. Di Pietro a été poursuivi de nombreuses fois en justice pour concussion mais en est sorti complètement blanchi.
Il avait démissionné de la magistrature en 1994 et s’était inscrit au barreau en avril dernier pour pouvoir assurer sa propre défense.
Discret sur ses ambitions politiques, il refuse toute appartenance et on lui prête l’ambition de vouloir prendre la tête d’un mouvement regroupant le centre modéré. (AFP)


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