Le G-15, formé en 1989 à Belgrade pour contrebalancer le rôle et l’influence du G-17 constitué des pays les plus riches, rassemble 16 pays dont cinq au moins seront représentés à Kuala Lumpur par leur chef d’Etat: l’Algérie par le président Liamine Zeroual, l’Egypte par le président Hosni Moubarak, l’Indonésie par le président Suharto, le Pérou par le président Alberto Fujimori, et le Zimbabwe, hôte l’an dernier à Harare du 6e G-15, par le président Robert Mugabe.
Les autres pays membres du groupe sont, outre la Malaisie, l’Argentine, le Brésil, le Chili, l’Inde, la Jamaïque, le Mexique, le Nigeria, le Sénégal, le Venezuela et le Kenya, son dernier et seizième membre de fraîche date, d’où l’appellation G-15 toujours en vigueur.
Le G-15 1997 se déroule dans un luxueux hôtel de la banlieue de Kuala Lumpur, avec lac artificiel et terrain de golf, autour duquel ont été déployées depuis la semaine dernière d’importantes forces de sécurité pour assurer la protection des participants.
Selon un projet de communiqué mis au point par les ministres des Affaires étrangères des pays membres, les participants au 7e G-15 étudieront les moyens pour leurs économies d’accroître leur pénétration des marchés des pays développés.
Tout en soulignant le rôle «vital» du cadre, fourni par l’Organisation internationale du travail (OIT) pour le commerce international, le sommet dénoncera, selon le même projet de communiqué, les tentatives d’associer «standards de travail» et «droit au commerce».
«Les bas salaires ne sont pas responsables des pertes d’emplois dans les pays développés... et le sous-emploi ne sera pas vaincu par le protectionnisme», déclaré le communiqué.
Le texte souligne également l’«incompatibilité» entre «normes internationales» et «mesures unilatérales», une allusion aux mesures prévues par la législation américaine pour imposer des sanctions à l’encontre de pays qui érigent des barrières commerciales.
Le communiqué, dont le texte définitif sera établi et adopté au sommet la semaine prochaine sous la présidence du premier ministre malaisien Mahathir Mohamadi, n’inclut qu’une brève référence au problème des fluctuations actuelles de monnaies jugé suffisamment important pour faire à lui tout seul l’objet d’une déclaration conjointe séparée.
«Nous avons proposé pour ce sujet un communiqué distinct qui aura ainsi plus d’effet», a indiqué cette semaine à Kuala Lumpur le représentant du Zimbabwe aux Nations Unies, Tichaona Jokonya.
«Nous reconnaissons que le G-15 n’a pas suffisamment de force tout seul pour combattre la crise financière... Mais la force du G-15 est de représenter une voix qui ne peut être ignorée», a souligné M. Jokonya.
Les membres du G-15 demandent aux pays développés de porter «au moins à 0,7 pour cent de leur produit national brut» le montant de leur aide en matière d’assistance extérieure.
Les pays en voie de développement représentent les deux tiers de la population mondiale et constituent un potentiel important de productivité et de pouvoir d’achat qui peut jouer un «rôle de locomotive pour une croissance globale», souligne le communiqué dans sa forme actuelle. (AFP)


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