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Actualités - Chronologie

Les milieux financiers prévoient encore plusieurs jours de turbulences

L’effet de contagion de la crise asiatique sur la bourse de Wall Street a surpris et impressionné mardi les milieux financiers européens qui s’attendent encore à quelques journées difficiles avant de pouvoir espérer un répit.
Sans s’aventurer à prévoir la fin de la baisse des bourses mondiales, beaucoup d’experts soulignent toutefois que l’état des économies occidentales ne justifie pas une chute durable des cours des actions tant à Wall Street qu’en Europe. Mais, tous soulignent l’incertitude de la situation actuelle.
«Le phénomène actuel va avoir du mal à se dissiper dans l’immédiat. Il faut s’attendre à de nouvelles baisses à Wall Street dans les prochains jours», selon John Lomax, stratégiste européen pour la banque d’affaires BZW, à Londres.
«Il n’y a pas encore de signe de stabilisation sur le marché. Si l’on en croit ce qui s’est passé (lors du krach de) 1987, il va probablement falloir deux ou trois jours avant de retrouver une situation plus normale», estime Neil MacKinnon, chef économiste pour la banque américaine Citibank, à Londres.
L’exemple de 1987 permet aussi d’espérer une reprise. «Le marché pourrait se stabiliser aux niveaux actuels et repartir à la hausse, en partie parce que le krach de 1987 a convaincu les gens qu’il est intéressant d’acheter quand le marché chute», remarque John Calverley, chef économiste chez American Express Bank, à Londres.
La chute des cours en 1987 a été compensée en quelques mois et a ouvert la voix à une formidable hausse des cours jusqu’à cette année.

Une «correction»
attendue

La chute de Wall Street est largement interprétée comme la «correction» que l’on attend depuis plus d’un an au vu des niveaux records atteints par les actions américaines. C’est la «valorisation» des actions — le rapport entre le cours en bourse et les performances financières de l’entreprise — qui inquiétait depuis plusieurs mois nombre d’analystes.
«Les valorisations ont atteint des niveaux extrêmes à Wall Street et dans une moindre mesure en Europe», selon John Lomax, de BZW.
«Mais les fondamentaux qui soutiennent les actions américaines et européennes restent bons, avec des prévisions de résultats des entreprises toujours positives et des perspectives favorables en matière de taux d’intérêt», ajoute l’économiste.
«La question est de savoir si la déflation qui semble se profiler en Asie du sud-est ou peut-être en Amérique du Sud et en Europe de l’est pourrait se transmettre à l’Europe. Mais, l’Europe est relativement peu exposée sur ces régions», selon M. Lomax.
«Parler de dépression ou de récession n’est pas justifié», selon Neil MacKinnon, à la Citibank. «Les banques centrales vont s’assurer qu’il y a assez de liquidités pour empêcher tout effet de contagion sur l’économie», ajoute-t-il.
Une chute des bourses peut en effet entraîner une contraction de l’économie en raréfiant la quantité d’argent en circulation.
Aux Etats-Unis, où beaucoup de ménages ont placé une partie de leur épargne en bourse, la consommation pourrait toutefois pâtir de la chute des actions et contribuer à ralentir l’économie, a noté le célèbre économiste américain John Kenneth Galbraith interrogé par BBC-radio.
Pour le doyen de l’école keynésienne, la chute de Wall Street était «en partie prévisible». «Les prix montent, les gens veulent avoir une chance de s’enrichir, ils vont sur les marchés, cela provoque une nouvelle hausse, et cela continue jusqu’à l’effondrement inévitable», a-t-il noté. «C’est l’une des énormes erreurs du système», a-t-il ajouté. (AFP)
L’effet de contagion de la crise asiatique sur la bourse de Wall Street a surpris et impressionné mardi les milieux financiers européens qui s’attendent encore à quelques journées difficiles avant de pouvoir espérer un répit.Sans s’aventurer à prévoir la fin de la baisse des bourses mondiales, beaucoup d’experts soulignent toutefois que l’état des économies occidentales ne justifie pas une chute durable des cours des actions tant à Wall Street qu’en Europe. Mais, tous soulignent l’incertitude de la situation actuelle.«Le phénomène actuel va avoir du mal à se dissiper dans l’immédiat. Il faut s’attendre à de nouvelles baisses à Wall Street dans les prochains jours», selon John Lomax, stratégiste européen pour la banque d’affaires BZW, à Londres.«Il n’y a pas encore de signe de stabilisation sur...