Une coopération franco-libanaise, amateurs-professionnels
Place des Martyrs. Depuis quelque jours, on signale un étrange va-et-vient dans le bâtiment délabré qui abritait autrefois le fameux «Grand Théâtre» de Beyrouth.
C’est en effet dans ces lieux abandonnés depuis de longues années, que le «Théâtre Ecarlate» de Paris (Compagnie Gilles Zaepffel) et le C.C.F ont choisi de préparer un spectacle original intitulé «Hommage au Grand Théâtre». Rencontre sur les lieux avec les organisateurs...
-Directeur du «Théâtre Ecarlate» qu’il crée en 1978, Gilles Zaepffel a gardé l’enthousiasme des débutants. «Le spectacle», explique-t-il, «sera le résultat des différents ateliers organisés actuellement sur place et dirigés par des artistes français et libanais: art dramatique; arts plastiques; éclairage et techniques de scène; chant choral et musique». Participent à ces ateliers des étudiants de l’U.L, de l’ALBA et de l’IESAV, ainsi que la chorale des enfants du Grand Lycée franco-libanais (dirigée par Noha Hatem) et celle de l’Association des jeunes Arméniens (chef de choeur: Harout Fazlian).
-« «Hommage au Grand Théâtre» est en fait la première étape d’un projet dont l’aboutissement est prévu pour plus tard», précise pour sa part le plasticien Thierry Dufourmantelle. «En effet, le «Théâtre Ecarlate» donnera en juillet-août 98, à Saïda, un grand spectacle: «Nuits Guerrières». Aujourd’hui donc, ce premier «pas» nous permet de nous imprégner du pays. C’est également pour nous l’occasion de rencontrer des étudiants qui pourront éventuellement être stagiaires sur le projet final, ainsi que des professionnels qui pourraient être engagés, à titre d’artistes, pour «Nuits Guerrières» ».
Pourquoi le Grand Théâtre ?
-«Parce que lors de notre première visite à Beyrouth, en mai dernier, on nous en a parlé avec tellement de fascination et de nostalgie que nous avons voulu visiter ces lieux» répond Zaepffel. «Et nous sommes tombés sous le charme...».
«Hommage au Grand Théâtre», insiste-t-il, montrera donc l’aboutissement de nos ateliers de 2 à 3 semaines à travers plusieurs petites performances: de réelles rencontres d’émotion et de qualité».
Une gageure...
-Directeur du Centre culturel français de Beyrouth, Jean-Claude Voisin indique que «le C.C.F n’a pas hésité à chambouler son agenda pour soutenir ce projet. En effet, le C.C.F a décidé d’initier d’une part les opérations culturelles décentralisées; d’autre part les créations qui proposent une nouvelle approche au public. Ce spectacle, ajoute-t-il, est une gageure. Créer en quelques jours, un grand moment d’émotion, dans un lieu délabré où il n’y a aucune installation, c’est beaucoup de risques... Nous espérons que la jeunesse profitera de cette expérience et que cette manifestation tracera la voie à des expériences typiquement libanaises».
- Professeur d’Histoire de l’art à l’ALBA, Gregory Buchakjian note pour sa part que cette université «a immédiatement été partie prenante du projet».
L’été dernier, en effet, l’ALBA a créé un atelier pluridisciplinaire dans le squel des étudiants de tous les départements travaillent, ensemble, sur des projets non seulement académiques mais à présenter au grand public. «Les réalisations de cet atelier (six par an) seront toujours le fruit d’une coopération libano-étrangère», ajoute Buchakjian. « «Hommage au Grand Théâtre» est un enrichissement pour les étudiants qui ont la chance de travailler avec des professionnels, sur un lieu magique...».
- Marc Sévenier, responsable de l’atelier «Technique scénique et lumière», s’occupe de 25 étudiants de l’U.L, de l’ALBA et de l’IESAV. «Il est intéressant de travailler avec les jeunes, dans un climat d’échange et de dialogue», note-t-il. «Chaque université a un horaire différent, mais on s’entraide. Après deux séances théoriques sur les caractéristiques de la lumière et sur le matériel utilisé au théâtre, nous allons passer à la «formation intégrée», un travail qui va s’appuyer sur une réalisation artistique, sur une mise en scène».
- Conseiller atistique et représentant du «Théâtre Ecarlate» au Liban, Youssef Haïdar indique enfin que «la troupe s’est elle-même chargée de la mise en sécurité et du nettoyage de la salle. Cependant, le spectacle n’aurait pu être réalisé sans le soutien du ministère libanais de la Culture, de l’AFAA, et de plusieurs sponsors». Et de conclure que «pour des raisons de sécurité», le nombre des spectateurs sera limité à 50. Il est donc demandé au public de réserver les places à l’avance».
Rendez-vous donc les 26, 27, 28 et 29 octobre. Trois séances par jour, à 18h30, 20h et 21h30. Pour les réservations, appeler le 03/ 810688 .
Natacha SIKIAS


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