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Actualités - Chronologie

Clinton en Amérique du Sud : des résultats modestes à court terme

La tournée en Amérique du Sud que Bill Clinton a achevée samedi soir a illustré la nouvelle nature des rapports entre les Etats-Unis et la région, mais ses résultats à court terme semblaient très modestes. Sur le plan commercial notamment, raison d’être de ce premier voyage du président américain dans le sud du continent, il était loin d’être certain que la tournée l’aide à obtenir du Congrès la procédure exceptionnelle («fast track») dont il a besoin pour que son projet d’une zone de libre-échange englobant toutes les Amériques (ALCA) puisse voir le jour.
M. Clinton a quitté samedi soir San Carlos de Bariloche, petite ville du sud de l’Argentine où il a passé deux jours de détente, pour Washington. Il avait aussi visité le Venezuela et le Brésil.
Son conseiller pour les affaires de sécurité nationale, Sandy Berger, a estimé que la visite avait mis en évidence un «changement total dans les relations entre les Etats-Unis et l’Amérique latine».
«L’antiaméricanisme dur qu’on aurait vu ici il y a peut-être dix ans, ou huit ans, est en train de se dissiper», a-t-il dit, estimant que ces pays avaient maintenant «plus confiance dans nos motivations et notre désir de chercher un partenariat constructif reposant sur le respect mutuel».
Durant la guerre froide, Washington avait tendance à considérer tous les Etats d’Amérique latine comme de simples vassaux, multipliant les interventions armées pour renverser les régimes considérés comme proches de Moscou et soutenant des régimes militaires impopulaires, une attitude à l’origine d’intenses sentiments antiaméricains.
Cette époque est révolue, et M. Clinton a bien pris soin de souligner, comme à Caracas, qu’il venait dans «un esprit de respect mutuel et d’égalité».
De fait, mis à part quelques petites manifestations antiaméricaines — dont l’une à Buenos Aires a dégénéré en actes de vandalisme —, sa présence n’a donné lieu à aucune expression d’hostilité de grande ampleur.
L’indifférence des populations visitées ne traduisait pourtant pas leur amour pour l’Oncle Sam, mais plutôt leur méfiance.

Un géant régional

L’étape brésilienne a ainsi montré que les sentiments antiaméricains restaient vivaces et qu’il suffisait de peu de chose pour les réveiller, en l’occurrence quelques termes peu diplomatiques dans des documents officiels et la présence envahissante des services de sécurité américains.
En outre, si la tournée a confirmé le caractère idyllique des relations avec l’Argentine — auquel M. Clinton a décidé d’accorder le statut honorifique d’«allié majeur en dehors de l’OTAN» —, elle a aussi confirmé que les Etats-Unis devraient compter de plus en plus avec le Brésil, le géant régional, qui est bien décidé à poursuivre sa propre voie.
A Brasilia, le président Fernando Henrique Cardoso a certes dit à M. Clinton qu’il était toujours d’accord pour lancer en avril prochain lors du Sommet des Amériques de Santiago les négociations sur la création de l’ALCA.
Mais alors que M. Clinton veut aller vite, M. Cardoso, campant sur ses positions, l’a averti qu’il n’était pas question de brusquer les choses, sa priorité étant la consolidation du Marché commun régional, le Mercosur, qui regroupe Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay.
Même M. Menem — qui est pourtant l’allié le plus proche de M. Clinton sur le continent et a accepté de soutenir l’approche américaine en matière de lutte contre l’effet de serre, contrairement à ses homologues brésilien et vénézuélien — a averti que la création de l’ALCA serait «un exercice complexe».
M. Clinton avait admis que l’objectif principal de son voyage était de l’aider à obtenir aux Etats-Unis le «fast track», en montrant aux membres du Congrès et au public américain «l’énorme potentiel économique» d’une région qu’ils connaissent mal.
Mais l’impact médiatique de la tournée a souffert aux Etats-Unis de l’affaire du financement de la campagne 96, qui l’a souvent éclipsée.
«Je ne suis pas sûr qu’elle ait un impact décisif», a admis M. Berger, auquel on demandait si la visite aurait des conséquences positives sur le débat pour le «fast track».
Or, comme M. Berger le souligne lui-même, le refus du Congrès d’accorder le «fast track» à M. Clinton porterait un coup sévère au «leadership» des Etats-Unis en Amérique du Sud. (AFP)
La tournée en Amérique du Sud que Bill Clinton a achevée samedi soir a illustré la nouvelle nature des rapports entre les Etats-Unis et la région, mais ses résultats à court terme semblaient très modestes. Sur le plan commercial notamment, raison d’être de ce premier voyage du président américain dans le sud du continent, il était loin d’être certain que la tournée l’aide à obtenir du Congrès la procédure exceptionnelle («fast track») dont il a besoin pour que son projet d’une zone de libre-échange englobant toutes les Amériques (ALCA) puisse voir le jour.M. Clinton a quitté samedi soir San Carlos de Bariloche, petite ville du sud de l’Argentine où il a passé deux jours de détente, pour Washington. Il avait aussi visité le Venezuela et le Brésil.Son conseiller pour les affaires de sécurité...