M. Jospin a ajouté qu’il définirait «les orientations» de cette loi, dont la gauche espère des créations d’emploi, à l’issue de la conférence «après les avoir écoutés et en fonction des pas» qu’ils sont «prêts les uns et les autres à faire dès aujourd’hui».
Il a aussi proposé aux partenaires sociaux une aide de 9.000 FF (1.500 dollars) par salarié en 1998 «à toutes les entreprises qui négocieraient avec leurs organisations syndicales une baisse d’au moins 10% du temps de travail, en accroissant leurs effectifs d’au moins 6%».
M. Jospin a souligné que la réussite de la réduction du temps de travail «reposera sur une progresion maîtrisée des salaires», et qu’elle devait être «adaptée à la situation de chaque entreprises comme aux attentes de ses salariés». Il a laissé ce soi «à la négociation sociale».
Il a proposé une nouvelle réunion au cours du second semestre 1999 «pour évaluer la situation économique et les résultats des négociations menées».
M. Jospin a encore indiqué que le gouvernement était prêt à aider à hauteur de 40.000 F (6.700 dollars) par an et par salarié le dispositif de pré-retraites contre embauches, pour l’ouvrir aux salariés âgés de 56 ans, contre 58 actuellement.
M. Jospin a exprimé sa «confiance dans les partenaires sociaux pour engager un processus durable», affirmant qu’il fallait «donner une impulsion nouvelle au dialogue» social par une «démarche contractuelle à tous les niveaux», selon son porte-parole, Manuel Valls.
Le ministre de l’Economie Dominique Strauss-Kahn a affirmé pour sa part que la progression prévue de 3% de la croissance en 1998 permettrait «spontanément la création de 200.000 emplois», en réaffirmant qu’il était possible de tenir ce rythme sur plusieurs années.
Il a averti cependant que la croissance ne suffira pas à elle seule à endiguer la progression du chômage qui touche 12,5% d’actifs, l’un des taux les plus élevés de l’UE.
La conférence s’est tenue à huis clos à Matignon, résidence du premier ministre, qui a demandé la discrétion aussi aux partenaires sociaux, 30 représentants du patronat et des syndicats à raison de trois par délégation.
Selon M. Valls, les travaux ont porté dans l’ordre sur l’emploi des jeunes et le dispositif préretraite contre embauche dans les entreprises, le développement de l’emploi dans les petites et moyennes entreprises, les salaires minima et la réduction du temps de travail.
Cette question charnière était la plus controversée.
Pour M. Jospin le passage aux 35 heures devrait se faire «sans diminution de salaire». Mais il a aussi déclaré qu’il était contre 35 heures payées 39, voulant ainsi apparemment signifier aux syndicats qu’ils devraient accepter de modérer leurs revendications salariales pendant plusieurs années.
Le gouvernement Jospin a déjà fait adopter par le Parlement un plan emploi-jeunes pour créer 350.000 emplois dans le secteur public et associatif d’ici 3 ans, et veut discuter de l’objectif équivalent pour le privé.
Quant au salaire minimum que le gouvernement a déjà augmenté de 4% à 5.000 FF net (833 dollars), plusieurs syndicats, notamment la CGT à direction communiste, placent une nouvelle hausse parmi leurs principales revendications. (AFP)


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