La première audience du procès de Maurice Papon, 87 ans, poursuivi pour crimes contre l’humanité, s’est ouverte mercredi à 14h. au palais de justice de Bordeaux devant la cour d’assises de la Gironde (sud-ouest de la France).
Seize ans après la première plainte déposée, l’ancien secrétaire général de la préfecture de la Gironde sous le régime de Vichy est jugé pour son rôle présumé dans la déportation d’environ 1.500 juifs entre 1942 et 1944.
La première audience a été consacrée à l’examen d’une demande de mise en liberté déposée par l’un de ses avocats Me Varaut, pour des raisons médicales.
Mardi en fin d’après midi, M. Papon s’était constitué prisonnier à la prison de Gradignan, près de Bordeaux, comme le prévoit la loi.
Me Varaut a dénoncé cette procédure «archaïque», affirmant que son client ne pourra pas supporter deux mois et demi de procès en détention. Maurice Papon a subi il y a un an un triple pontage coronarien.
L’un de ses défenseurs, Me Marcel Rouxel, a déclaré que son client lui avait confié qu’il était «triste». «C’est plus facile de se faire arrêter que de se constituer prisonnier. On ne peut pas résister à la force, mais là, il faut prendre la décision soi-même», a ajouté l’avocat.
Plus de cinquante ans après la Libération, ce procès, le dernier en France pour crimes contre l’humanité commis durant la Deuxième Guerre mondiale, sera centré sur le rôle de la haute fonction publique française dans la politique antijuive de Vichy et dans le génocide des juifs par les nazis, un rôle qui n’a guère été évoqué lors des procès de l’épuration. (AFP)


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