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Actualités - Opinion

Le piano s'est refermé


DE RITA GHOSN-CHIKHANI, COMPOSITEUR:

Au revoir Walid, ton piano s’est hélas refermé.
L’artiste défie l’éternité par l’œuvre qu’il entreprend de son vivant.
Walid, notre inexorable condition humaine nous met une fois de plus à l’épreuve, musiciens, mélomanes, intimes et anonymes confondus, endeuillés et révoltés par ton brusque départ.
Tu as toujours revendiqué l’universalité du langage musical, ne connaissant d’autres frontières que celles de l’émotion et du talent. Ton amitié et ta générosité écartaient les dix-huit années qui nous séparaient, lorsque l’adolescente avait compris en t’écoutant pour la première fois, qu’être musicien était non seulement une manière d’être, mais un devenir professionnel. Par la suite, tu es venu encourager mes premiers pas salle Gaveau, mon admiration s’enrichit alors d’une exceptionnelle amitié.
Tes goûts éclectiques se mettaient au service de la passion; l’attention que tu portais à l’œuvre musicale léguée par Nietszche en témoigne, telles aussi les recherches approfondies que tu fis sur Jules César, sa vie, son empire.
La foi, que tu avais en toute passion décuplant les forces de l’être animé par elle, avait fait de toi un instrument de conviction inébranlable en la vie, malgré toutes les difficultés qu’elle t’infligeait. Tu respectais toute démarche artistique, tout discours musical; ils étaient pour toi le chemin primordial de la réalisation de soi-même, mission et raison d’être de tout artiste.
«AKEL», pour ceux qui écorchaient ton nom en Occident. Tu as parcouru le monde, faisant vibrer les salles les plus prestigieuses au gré de ces moments de grâce particuliers qu’étaient tes concerts. Le long de ton parcours, tu étais le Liban pour ton public, qu’il l’eût connu ou que tu lui découvrais.
Tu étais attendu pour un concert dans la grandiose caverne de la Jeita géologique; tu n’y fus pas. Tu descendais déjà les marches du royaume des ombres, laissant à notre mémoire les traductions extraordinaires de ta sensibilité. Adieu, l’ami.
DE RITA GHOSN-CHIKHANI, COMPOSITEUR:Au revoir Walid, ton piano s’est hélas refermé.L’artiste défie l’éternité par l’œuvre qu’il entreprend de son vivant.Walid, notre inexorable condition humaine nous met une fois de plus à l’épreuve, musiciens, mélomanes, intimes et anonymes confondus, endeuillés et révoltés par ton brusque départ.Tu as toujours revendiqué l’universalité du langage musical, ne connaissant d’autres frontières que celles de l’émotion et du talent. Ton amitié et ta générosité écartaient les dix-huit années qui nous séparaient, lorsque l’adolescente avait compris en t’écoutant pour la première fois, qu’être musicien était non seulement une manière d’être, mais un devenir professionnel. Par la suite, tu es venu encourager mes premiers pas salle Gaveau, mon admiration...