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Actualités - Chronologie

Nouvelle loi agraire : veillée d'armes dans les campagnes égyptiennes

Les autorités égyptiennes ont renforcé les mesures de sécurité dans les campagnes de Haute-Egypte, à la veille de l’entrée en vigueur de la loi de libéralisation du fermage qui pourrait priver de terre des milliers de paysans.
Selon cette loi, qui entrera en vigueur aujourd’hui, les propriétaires terriens pourront augmenter leurs loyers pour la première fois depuis 45 ans et expulser les fermiers récalcitrants.
Le texte, voté en 1992 et assorti d’une période de grâce de cinq ans qui arrive à terme le 1er octobre, condamne la réforme agraire de 1952, un des piliers de la révolution nassérienne, et confirme le tournant pris par l’Egypte en direction de l’économie de marché.
Selon le gouvernement, 90% des différends sont résolus, mais le premier ministre Kamal al-Ganzouri présidera, dans les prochaines 48 heures, une réunion d’évaluation de la situation.
«Si 90% des problèmes sont résolus, cela signifie que la situation de 100.000 fermiers n’est pas encore réglée et donc que des troubles sont possibles», déclare M. Karam Saber, directeur d’un groupe de défense des droits des fermiers créé en décembre 1996.
Dans les régions de Miniya, Beni Soueif et Assiout, en Haute-Egypte, des centaines de jeunes conscrits ont rejoint les forces de police qui patrouillent les villages en véhicules blindés.
Les responsables de la sécurité et les gouverneurs des provinces ont «tenu plusieurs réunions ces derniers jours pour coordonner leurs efforts et se préparer à une éventuelle flambée de violence», indique une source policière.
Outre les incidents avec les paysans, les responsables «craignent que les organisations intégristes actives dans ces régions n’exploitent ces troubles pour commettre des opérations terroristes», selon la même source.

Quelque chose
va se passer

En juillet, des paysans de la province de Miniya ont violemment manifesté, détruisant des propriétés privées et des bâtiments du ministère de l’Agriculture.
«Il ne fait aucun doute que quelque chose va se passer le 2 octobre mais il semble que durant l’été de nombreux propriétaires et leurs locataires se soient mis d’accord sur les nouveaux loyers», indique François Ireton, chercheur au Centre français d’études et de documentation juridique (CEDEJ) du Caire.
«Nombre de fermiers m’ont dit préférer une augmentation (du fermage) à une expulsion et les propriétaires voudront privilégier un locataire qu’ils connaissent plutôt qu’un nouveau venu», selon M. Ireton.
Les propriétaires habitant en ville loin de leurs terres agricoles préféreront «attendre et voir ce qui va arriver aux autres», dit-il.
«Nous n’avons qu’une envie, c’est de voir notre locataire partir, mais nous ne l’avons pas contacté et lui non plus», déclare l’un de ces propriétaires qui possède 6 feddans (2,5 ha) en plein cœur du fertile Delta du Nil (nord).
Les loyers annuels qui s’élevaient en moyenne à environ 90 USD le feddan (0,4 ha) se négocient maintenant à 400 USD, selon une propriétaire qui préfère rester anonyme.
Sayyed Abdel Hamid, fermier à Benin Ahmad, dans la région de Miniya, affirme que son propriétaire l’a enjoint de partir. «Nous avions cueilli tout le coton quand il nous a ordonnés de lui rendre sa terre le 1er octobre. Je ne sais pas comment ma famille et moi allons vivre désormais», se lamente-t-il.
En 1952, Nasser avait confisqué de larges quantités de terres agricoles et bloqué les loyers au profit des fermiers. (AFP)
Les autorités égyptiennes ont renforcé les mesures de sécurité dans les campagnes de Haute-Egypte, à la veille de l’entrée en vigueur de la loi de libéralisation du fermage qui pourrait priver de terre des milliers de paysans.Selon cette loi, qui entrera en vigueur aujourd’hui, les propriétaires terriens pourront augmenter leurs loyers pour la première fois depuis 45 ans et expulser les fermiers récalcitrants.Le texte, voté en 1992 et assorti d’une période de grâce de cinq ans qui arrive à terme le 1er octobre, condamne la réforme agraire de 1952, un des piliers de la révolution nassérienne, et confirme le tournant pris par l’Egypte en direction de l’économie de marché.Selon le gouvernement, 90% des différends sont résolus, mais le premier ministre Kamal al-Ganzouri présidera, dans les prochaines 48...