Cette rencontre, dominée par la situation en Bosnie, se déroulera à la demande de la Russie et pour des raisons pratiques en marge de l’Assemblée générale annuelle de l’ONU, dans la Chambre du conseil économique et social.
C’est une «nouvelle relation prometteuse» qui s’ouvre entre les deux anciens ennemis de la guerre froide, estime un diplomate russe sous couvert d’anonymat. «La Russie est prête à coopérer avec l’OTAN en faveur d’une nouvelle architecture de sécurité en Europe», assure-t-il.
Cette première rencontre ministérielle, au sein du Conseil conjoint créé fin mai par un Acte fondateur, ne devrait pas être «l’occasion d’une dispute mais permettre de dépasser les polémiques et d’aller de l’avant», considère de son côté un diplomate européen.
Trois sujets figurent à l’ordre du jour de la réunion qui sera présidée par les ministres russe et belge des Affaires étrangères, MM. Evgueni Primakov et Erik Derycke, et le secrétaire général de l’OTAN, l’Espagnol Javier Solana.
Outre la situation en Bosnie, les ministres évoqueront, à la requête de Moscou, les principes devant guider à l’avenir les opérations de paix, et adopteront un programme d’activités jusqu’à la fin de l’année.
Selon des diplomates, la Russie et l’OTAN jugent «prématuré» de discuter à New York d’un maintien en Bosnie d’une force d’interposition après la fin de la mission de la SFOR en juin 1998. Les conversations devraient davantage se concentrer sur la situation actuelle et l’application des résultats des récentes élections municipales.
Malaise
Il y a une dizaine de jours, après l’extension du mandat de la force de paix SFOR à des actions contre des médias serbes incitant à la violence, la Russie avait manifesté, lors d’une réunion avec l’OTAN, sa «mauvaise humeur» pour n’avoir pas été assez associée aux prises de décisions.
En réalité, «il y a un malaise» chez les dirigeants russes qui «soupçonnent l’OTAN d’être partiale en Bosnie», explique un diplomate européen, en reconnaissant l’absence de neutralité de l’Alliance dans le conflit interne aux Serbes bosniaques.
«Moscou a peur d’une scission entre les Serbes de Bosnie» mais l’OTAN ne peut pas laisser s’instaurer un trop grand déséquilibre entre la légalité représentée à Banja Luka et les positions extrémistes de Pale, fait valoir ce même diplomate.
Gênée d’être réduite quelques années à devoir accepter des décisions prises par d’autres (OTAN pour la Bosnie, pays européens pour l’Albanie), la Russie, voudrait, en lançant avec l’Alliance une discussion générale sur les opérations de paix, peser davantage à l’avenir dans ce domaine.
Jeudi dernier, le président russe Boris Eltsine a reproché aux Etats-Unis de jouer un rôle excessif en matière de sécurité européenne.
«Nous aimerions que les Etats-Unis ne se mêlent pas des affaires de l’Europe comme ils le font aujourd’hui», a déclaré M. Eltsine. Les Américains exercent «une grande influence sur les questions de sécurité européenne par l’intermédiaire de l’OTAN», et «il faut que les Européens pensent eux-mêmes à leur sécurité», selon le président russe.
Remplis de bonne volonté à l’égard de leur nouvelle entente, l’OTAN et la Russie adopteront vendredi un programme d’activités conjointes jusqu’à la fin de l’année dans des domaines aussi divers que le terrorisme, la sûreté nucléaire, ou le reclassement d’officiers mis à la retraite.
Moscou approuvera aussi un document individuel de coopération militaire dans le cadre du partenariat pour la paix, auquel la Russie a adhéré en juin 1994 mais qui n’a, depuis, jamais été concrétisé. (AFP)


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