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Actualités - Chronologie

Au risque d'inquiéter Pekin Washington et Tokyo renforcent leur alliance militaire

Le Japon et les Etats-Unis ont annoncé dans la nuit de mardi à mercredi à New York un nouvel accord de coopération militaire qui envisage pour la première fois un rôle limité des forces nippones en appui aux Américains en cas de conflit dans la région.
Ces nouvelles règles non contraignantes régissant l’engagement des forces américaines et japonaises ont été présentées à la presse par les ministres des Affaires étrangères et de la Défense des deux pays.
Le secrétaire d’Etat Madeleine Albright, le secrétaire à la Défense William Cohen, le chef de la diplomatie japonaise Keizo Obuchi et le directeur général de l’agence japonaise de défense Fumio Kyuma se sont rencontrés mardi en marge de l’Assemblée générale de l’ONU pour achever la «révision des principes de sécurité» entre les deux pays, selon un communiqué commun.
Devant les journalistes, les quatre ministres se sont efforcés de répondre aux craintes de la Chine.
«Le pacte de sécurité américano-japonais ne doit pas s’immiscer dans les affaires d’un pays tiers (...) sous peine de perturber la paix», avait averti mardi le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères Shen Guofang.
Cet accord «n’est pas dirigé contre un pays tiers», a plaidé M. Cohen. «Le gouvernement chinois a été tenu au courant dès le début et le processus a été aussi transparent que possible», a-t-il ajouté.
Mme Albright a fait valoir que les nouveaux principes «ne sont pas spécifiques du point de vue géographique (...) et ne changent pas la politique américaine qui consiste à ne reconnaître qu’une seule Chine».
La Chine craint que les Etats-Unis et le Japon ne se portent ensemble au secours de Taïwan en cas de conflit entre Pékin et Taipeh.
Les deux ministres japonais ont souligné que Tokyo allait mener une campagne d’explication auprès des autorités chinoises, comme le premier ministre Ryutaro Hashimoto l’avait fait lors d’un récent voyage à Pékin.
M. Obuchi a indiqué qu’il rencontrerait ses homologues chinois et sud-coréen en marge de l’Assemblée générale. Mme Albright devait s’entretenir mardi soir avec le ministre chinois des Affaires étrangères Qian Qichen.
Les nouvelles règles, non contraignantes, étaient en préparation depuis trois ans et donneront lieu à une planification plus précise dans les mois à venir.
Nouvelles règles

Rappelant que le précédent accord datait de novembre 1978, en pleine guerre froide, Mme Albright a souligné que «les nouvelles règles nous permettront de faire face aux défis de cette nouvelle période».
Aucun des ministres n’a cependant donné d’exemple concret de crises auxquelles elles pourraient s’appliquer. Des diplomates des deux pays avaient auparavant mentionné les tensions entre les deux Corées et entre la Chine et Taïwan, que Pékin considère comme une province rebelle et n’a pas renoncé à ramener sous son contrôle.
Les Etats-Unis maintiennent 100.000 soldats en Asie dont 50.000 environ au Japon et 37.000 en Corée du Sud pour contrer une éventuelle invasion venue du Nord.
Même les pays de la région les mieux disposés envers Tokyo sont préoccupés par l’accroissement des dépenses militaires du Japon, qui sont passées de 30 milliards de dollars en 1985 à près de 50 milliards dix ans plus tard.
Les nouvelles règles «ne contreviennent en rien» aux dispositions pacifistes et antinucléaires inscrites dans la Constitution du Japon, dont la vocation exclusivement défensive de ses forces armées, a souligné M. Cohen.
Il a précisé que le principal changement était que les règles s’appliquaient désormais également à des crises «dans des zones voisines du Japon». Le texte de 1978 envisageait essentiellement une attaque directe contre l’archipel nippon.
M. Cohen a cité comme nouveaux domaines de collaboration entre les deux armées les opérations de maintien de la paix et les secours mutuels aux civils.
Selon des responsables américains s’exprimant anonymement, des dragueurs de mines japonais pourraient aussi être amenés à dégager les eaux internationales et le Japon pourrait fournir du carburant et des pièces de rechange aux navires et avions américains.
Mais Tokyo ne serait pas tenu de ravitailler des unités américaines en armements ou en munitions si celles-ci venaient à en manquer. (AFP)
Le Japon et les Etats-Unis ont annoncé dans la nuit de mardi à mercredi à New York un nouvel accord de coopération militaire qui envisage pour la première fois un rôle limité des forces nippones en appui aux Américains en cas de conflit dans la région.Ces nouvelles règles non contraignantes régissant l’engagement des forces américaines et japonaises ont été présentées à la presse par les ministres des Affaires étrangères et de la Défense des deux pays.Le secrétaire d’Etat Madeleine Albright, le secrétaire à la Défense William Cohen, le chef de la diplomatie japonaise Keizo Obuchi et le directeur général de l’agence japonaise de défense Fumio Kyuma se sont rencontrés mardi en marge de l’Assemblée générale de l’ONU pour achever la «révision des principes de sécurité» entre les deux pays, selon...