«Ce n’est pas suffisant d’affirmer que les manœuvres ne sont dirigées contre personne», a déclaré M. Oussama al-Baz, conseiller politique du président Hosni Moubarak.
Il commentait les assurances données par le président turc Suleyman Demirel à M. Moubarak, lors d’une visite le 16 septembre au Caire, et selon lesquelles les manœuvres seraient «limitées à des opérations humanitaires et de secours» et qu’elles n’étaient «dirigées contre aucun pays arabe».
L’annonce de ces manœuvres navales, prévues du 16 au 20 novembre en Méditerranée orientale, a été vivement critiquée par plusieurs pays arabes, notamment la Syrie.
«Ce sont peut-être les vraies intentions de la Turquie, mais les manœuvres ainsi que leurs répercussions pourraient aller à l’encontre des intérêts de tous les Arabes et non pas seulement de la Syrie», a ajouté M. Baz.
Rappelant qu’«une alliance militaire constitue le plus haut niveau de coopération et de solidarité entre les pays», il a émis l’espoir que «la Turquie ne conclura pas un pacte avec Israël». «Nous ne voulons pas un retour à l’ère des pactes dans la région», a-t-il dit.
Il a exprimé également l’espoir que «la Turquie prendra en considération les appréhensions légitimes des Arabes» concernant ses relations avec l’Etat hébreu.
Les exercices seront organisés en vertu d’un accord-cadre militaire signé entre la Turquie et Israël en février 1996, et qui a déjà fait l’objet de vives critiques dans le monde arabe.
Différend israélo-turc
Par ailleurs, un problème diplomatique semble avoir surgi entre Israël et la Turquie, celle-ci n’ayant pas répondu à la demande d’agrément du ministère des Affaires étrangères israélien pour son nouvel ambassadeur à Ankara, a rapporté hier l’agence semi-officielle turque Anatolie.
Le ministère des Affaires étrangères israélien avait demandé le 1er août dernier l’accréditation d’Ehud Toledano, nommé ambassadeur à Ankara en remplacement de Zvi Elpeleg, selon l’agence.
Le fait que la Turquie n’a pas encore répondu à la demande d’Israël «pourrait être un signe diplomatique qu’elle ne souhaite pas donner son accord à cette nomination», a indiqué l’agence, citant des «sources diplomatiques».
Le refus d’Ankara pourrait découler de déclarations prêtées il y a 15 ans à Ehud Toledano, un spécialiste de l’histoire ottomane, dans lesquelles il aurait accusé la Turquie d’avoir «massacré les Arméniens lors de la Première Guerre mondiale», selon Anatolie.
Un porte-parole du ministère turc des Affaires étrangères, Sermet Atacanli, interrogé lors d’un point de presse lundi, n’a ni démenti ni confirmé l’information. «Ce genre de chose se fait dans la confidentialité», s’est-il contenté de dire.
Les relations turco-israéliennes connaissaient depuis 1994 une période de réchauffement rapide, marquée notamment par la multiplication de visites mutuelles et le début d’une étroite coopération militaire, après plusieurs décennies d’inertie. (AFP)


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