Le Japon a, par ailleurs, été pressé par Washington de donner un coup de pouce à sa croissance économique en privilégiant la demande intérieure plutôt que les exportations.
Sous la pression des Etats-Unis, les ministres des Finances et les gouverneurs des banques centrales du G7 ont, pour la première fois, clairement mis en garde contre toute «dépréciation excessive» des monnaies — en d’autres termes du yen — pouvant conduire à «la résurgence d’importants déséquilibres extérieurs», selon la déclaration publiée à l’issue de la réunion.
Les Sept ont considéré qu’une «volatilité et des écarts excessifs par rapport aux données fondamentales de l’économie n’étaient pas souhaitables», selon la déclaration qui ne porte que sur les taux de changes.
Les Sept se sont engagés à «coopérer» si nécessaire, une allusion rituelle à d’éventuelles interventions des banques centrales pour corriger le tir sur les marchés des change.
Inquiétudes US
Le G7 a par ailleurs sèchement enjoint à la Thaïlande d’appliquer, sans tarder, le programme de réformes qu’elle s’est engagée à mener à bien en échange du plan de sauvetage de 17,2 milliards de dollars monté par le Fonds monétaire international.
Les partenaires du Japon ont, en outre, accueilli fraîchement l’idée japonaise de créer un «fonds monétaire asiatique» pour prévenir de nouvelles crises monétaires, comme celle qui secoue l’Asie.
Les banquiers centraux ont manifesté une «très grande réserve», selon le gouverneur de la Banque de France Jean-Claude Trichet.
Le secrétaire américain au Trésor Robert Rubin a exprimé des «inquiétudes» quant à cette idée japonaise. «On devrait essayer d’améliorer les mécanismes existants et je pense qu’ils devraient reposer sur le Fonds monétaire international», a-t-il expliqué lors d’une conférence de presse.
M. Rubin, qui a rencontré en tête-à-tête son homologue nippon Hiroshi Mitsuzuka avant le G7, a de nouveau demandé au Japon de «rétablir une croissance nourrie par la demande intérieure», tout en admettant qu’il s’agissait d’une «question difficile».
Le déficit commercial des Etats-Unis avec Tokyo a atteint 5,9 milliards de dollars en juillet, un niveau inconnu depuis juillet 1995.
Le Japon a tenté de minimiser l’ampleur des problèmes, en invitant Washington à ne pas se braquer sur les chiffres les plus récents, mais à prendre en considération les statistiques sur une plus longue période.
«Sur le fond, nous avons insisté sur notre position en expliquant notre politique de réformes et les Etats-Unis ont réitéré leur demande». «Rien n’est changé», a relevé Eisuke Sakakibara, le vice-ministre japonais des Finances.
Mais selon le ministre allemand des Finances Theo Waigel, les possibilités de relance de l’économie japonaise «apparaissent réduites».
Satisfait à Moscou
Comme lors de leurs précédentes réunions, les membres du G7 ont reçu à l’issue de leurs travaux le premier vice-premier ministre russe Anatoli Tchoubaïs et le président de la Banque centrale de Russie (BCR), Sergueï Doubinine.
Le G7 a relevé que la situation économique de la Russie était assez bonne, malgré les problèmes persistants de collecte des impôts.
«L’économie russe semble sur la bonne voie», a déclaré le ministre français Dominique Strauss-Kahn. Son homologue allemand, Theo Waigel, a souligné que «la Russie a de bonnes chances cette année de voir son économie croître pour la première fois depuis le début du processus de transformation».
Les grands argentiers ont aussi parlé de la perspective de la création de l’euro au 1er janvier 1999.
Dans cette optique, le Japon a indiqué qu’il entendait maintenir le statut du yen sur le marché mondial. «Nous devons prendre des mesures dès à présent pour que le yen soit prêt à relever le défi de l’euro», assurait-on de source gouvernementale japonaise.
De son côté, M. Rubin a estimé que le dollar n’a «rien à craindre». «La clé est d’avoir une saine politique économique (…) et le dollar gardera sa place de monnaie de réserve», a ajouté le secrétaire au Trésor. (AFP)


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