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Actualités - Reportage

Les missionnairs de la charité : six mère Teresa à Sabtiyé (photo)

Le décès de Mère Teresa aura contribué à braquer les projecteurs sur sa congrégation, les Missionnaires de la Charité. Car, si la figure rayonnante de la religieuse en sari, Prix Nobel de la Paix, était devenue un symbole suprême pour des millions de gens toutes confessions confondues, l’Ordre, qu’elle avait fondé à Calcutta en 1956, est resté relativement dans l’ombre. Et pour cause, parmi les règles draconiennes qui régissent cette communauté répartie aujourd’hui entre 620 maisons à travers le monde, on trouve l’interdiction de la moindre publicité (médiatisation). Au Liban comme dans les autres pays… Aussi, a-t-il fallu insister longuement pour pouvoir visiter — et présenter — la «branche libanaise» de cette chaîne d’amour du prochain.

A Sabtiyé, une bâtisse toute simple, au porche surmonté d’une plaque discrète: «Missionnaires de la Charité. Maison de paix». C’est là qu’en 1979, en pleine guerre, la congrégation de Mère Teresa a choisi de s’établir. Pour soigner et soulager «les plus pauvres parmi les pauvres»…
Six religieuses s’occupent, ici, de 17 enfants handicapés mentaux et de 28 vieillards. Elles les ont trouvés devant leur porte, ramassé dans la rue, ou même dans le cas de quelques nourrissons, dans les poubelles! S’occuper est en réalité un bien faible mot. Ces femmes au visage rayonnant, au sourire radieux, au regard éclairé d’une joie intense, sont aux petits soins pour les êtres les plus démunis, les plus émouvants et les plus rejetés… de la société comme de leurs familles.
Dans la cour intérieure, un groupe de vieillards déjeune. Propres, soignés et sereins… Dans une des chambres, une religieuse donne à manger à ceux qui sont alités. Dans cette pièce, le spectacle de la déchéance humaine est à la limite du supportable. Sauf pour ces femmes en sari blanc bordé de bleu, à la patience infinie...

Assistances

A l’étage, le dortoir des enfants est un petit bijou de propreté et d’ordre. Mais c’est surtout un antre d’affection. Aidée de deux dames du voisinage (des bénévoles), Sœur Fabrice, la supérieure, change un bébé trisomique, borde un autre, câline une petite fille aux gestes maladroits, qui vient se lover spontanément dans ses bras. Sœur Fabrice ne bénéficie d’aucun privilège. Elle accomplit les mêmes tâches que les autres membres de la communauté et tient en plus la comptabilité de la maison. Des comptes basés essentiellement sur «l’aide de la Providence». En effet, c’est grâce aux dons des associations et des particuliers que les sœurs financent leur action… Dont la règle première est le partage. «Ainsi, lorsqu’elles reçoivent des vivres, elles prennent soin de distribuer les rations en trop aux familles du quartier», indique une amie de la congrégation.
On ne verra cependant jamais une campagne de collecte de fonds pour les œuvres de cette Congrégation. «Toute publicité est strictement interdite», répète inlassablement la supérieure. Et c’est toujours «la Providence» qui guide les pas des donateurs vers la «maison de paix» à Sabtiyé. «Elles répugnent à accepter des sommes anonymes et préfèrent que les donateurs viennent sur place rencontrer les personnes qu’ils cherchent à aider», explique cette même amie.
Soumises à d’innombrables interdits, les Missionnaires de la Charité suivent une discipline de vie très dure. Après quatre ans de formation spirituelle et médicale dispensée à la maison-mère à Calcutta, elles sont envoyées en mission pendant cinq ans au cours desquels elles renouvellent annuellement leurs vœux. Toute leur vie, elles se déplacent au gré de leur nomination aux quatre coins de la planète. Et n’ont le droit de rendre visite à leur famille qu’une fois tous les dix ans.
Dans cet Ordre fermé et humble, on ne peut sortir que pour aller prier au chevet d’un mourant ou pour soigner un malade. Levées à quatre heures du matin, elles se partagent entre tâches domestiques et prières. Elles n’ont droit à aucun confort. Pas de machine à laver, pas de télévision. Pour pouvoir suivre la retransmission des obsèques de Mère Teresa, elles ont dû demander à la provinciale du Moyen-Orient à Amman la permission d’installer un poste pour une journée!
Et pourtant, c’est toujours avec cet extraordinaire sourire que «toutes ces Mère Teresa» expliquent au visiteur ébahi que «la joie est amour, la joie est charité»…

Zéna ZALZAL
Le décès de Mère Teresa aura contribué à braquer les projecteurs sur sa congrégation, les Missionnaires de la Charité. Car, si la figure rayonnante de la religieuse en sari, Prix Nobel de la Paix, était devenue un symbole suprême pour des millions de gens toutes confessions confondues, l’Ordre, qu’elle avait fondé à Calcutta en 1956, est resté relativement dans l’ombre. Et pour cause, parmi les règles draconiennes qui régissent cette communauté répartie aujourd’hui entre 620 maisons à travers le monde, on trouve l’interdiction de la moindre publicité (médiatisation). Au Liban comme dans les autres pays… Aussi, a-t-il fallu insister longuement pour pouvoir visiter — et présenter — la «branche libanaise» de cette chaîne d’amour du prochain.A Sabtiyé, une bâtisse toute simple, au porche surmonté...