Selon des sources vietnamiennes informées, une relève plus jeune, plus ouvertement associée aux réformes et ayant une image de compétence sera chargée de faire entrer le Vietnam dans le XXIe siècle.
La session a été exceptionnellement scindée pour permettre aux députés de consacrer une dizaine de jours à l’élection du président, du premier ministre, de vice-premiers ministres, de ministres et du président de la Cour suprême. Les 450 députés ne se retrouveront qu’à partir de la mi-novembre pour débattre des textes de loi.
Ainsi, en dehors du numéro un du régime Dô Muoi (80 ans), dont le mandat quinquennal à la tête du Parti communiste été renouvelé en 1996, l’essentiel de la direction vietnamienne sera touché par des changements de personnel. M. Muoi forme, avec le président et le premier ministre, le triumvirat qui dirige le pays.
Selon des sources vietnamiennes informées, le comité central du PCV a proposé à l’Assemblée les noms de Trân Duc Luong (60 ans), actuel vice-premier ministre, pour le poste de président en remplacement de Le Duc Anh (77 ans) et de Phan Van Khai (63 ans), également vice-premier ministre, pour succéder à la tête du gouvernement à Vo Van Kiet (75 ans).
L’Assemblée suit traditionnellement les recommandations du Parti, toutefois on n’excluait pas de sources diplomatiques des surprises de dernière minute.
M. Luong — qui était un outsider dans la course à la présidence — est un homme de dossier ayant des compétences économiques, tandis que M. Khai, qui appartient à l’aile réformatrice, est depuis des mois le candidat favori des investisseurs étrangers au Vietnam. «Il a une bonne réputation sur le plan international et il a une équipe compétente autour de lui», estime le représentant à Hanoi d’une grande banque occidentale.
Changer les choses
L’élection des vice-premiers ministres donnera également des signaux importants sur la direction que souhaite prendre le Vietnam. Leur nombre passerait de trois actuellement à cinq.
Les noms circulant sont ceux d’hommes encore relativement jeunes et ayant tous l’expérience des dossiers économiques. Toutefois personne n’attend des miracles et la nouvelle direction sera jugée à l’œuvre. «Il ne faut pas trop attendre à court terme, mais ces hommes peuvent s’attacher à changer les choses», estime le banquier occidental.
Mais l’innovation des cinq postes de vice-premiers ministres ne pourrait être que «le résultat d’un marchandage politique entre les diverses factions qu’il fallait bien satisfaire», comme l’affirme un diplomate occidental, selon lequel «elle n’est pas directement liée aux réformes».
Le ministre des Affaires étrangères Nguyen Manh Câm, candidat un temps favori pour la présidence, deviendrait vice-premier ministre chargé des relations économiques avec l’étranger tout en conservant son portefeuille, selon des sources informées.
Comme les investisseurs étrangers, la Banque mondiale ou le Fonds monétaire international ont ces derniers mois averti sans détour le Vietnam qu’il devait accélérer d’urgence le processus des réformes économiques.
Le sentiment d’immobilisme s’explique par les échéances politiques — congrès du Parti en 1996, législatives de juillet dernier —, l’impossibilité du PCV à trouver un consensus sur la succession et les tiraillements idéologiques dans ses rangs sur la question du rythme des réformes.
Le résultat du vote des députés mettra ainsi fin à des mois de suspense et d’incertitude. Il interviendra vers la fin de cette session de dix jours. (AFP)


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