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Actualités - Chronologie

Le parlement européen veut dialoguer avec les élus algériens

Le Parlement européen devrait engager le dialogue avec le nouveau Parlement algérien pour favoriser la paix et l’arrêt des violences, a proposé au nom du Parti populaire européen, l’élu français André Soulier, mercredi à Strasbourg.
«Notre Parlement doit créer une délégation ad hoc pour aller à Alger dialoguer de Parlement à Parlement avec les élus du peuple algérien pour commencer à parcourir le chemin vers la paix», a proposé M. Soulier dont l’idée a été accueillie favorablement par ses collègues lors d’un débat sur la situation en Algérie.
La décision de former une telle délégation devrait être prise jeudi au Parlement européen.
«Il faut attirer l’attention des responsables algériens sur le fait que l’accord d’association en préparation avec l’UE ne pourra être signé que lorsque des signes perceptibles de démocratisation seront émis vis-à-vis du peuple algérien et de l’opinion publique internationale», a ajouté M. Soulier.
Il faut «éviter que l’Algérie pense que nous allons nous ingérer dans ses affaires intérieures», a-t-il souligné.
L’élue belge libérale Anne André-Léonard a estimé, de son côté, que les efforts entrepris par l’UE ne devaient pas être vus sous l’aspect de «l’ingérence mais de l’assistance à personnes en danger (…) face à la barbarie qui a atteint le seuil de l’insoutenable».
Au nom de la présidence de l’UE, le secrétaire d’Etat luxembourgeois aux Affaires étrangères, Georges Wolfahrt, a rappelé que les Européens «suivaient l’évolution de la situation intérieure algérienne avec préoccupation».
Il a ajouté que «les Algériens doivent trouver eux-mêmes une solution à la grave crise que traverse leur pays» et a souligné les efforts de démocratisation entrepris par Alger, espérant que cela se poursuivra à l’occasion des élections municipales du 23 octobre.
Plusieurs députés européens ont dénoncé l’attitude ambiguë des forces de l’ordre algériennes qui auraient, selon certaines informations, délibérément refusé de porter secours à des victimes d’actes de violences récemment.
M. Wolfahrt, au nom de la présidence de l’UE, a promis d’insister sur ce point auprès du gouvernement algérien.

Attaque à Médéa

Sur le terrain, au moins trois personnes ont été blessées par l’explosion d’une bombe lors d’une attaque d’un quartier de Médéa (80 kilomètres au sud d’Alger) par un groupe armé.
Les habitants de Ktiten, à la périphérie de cette localité, ont déclenché des sirènes d’alarmes et trié en l’air pour faire fuir un groupe de «terroristes», a rapporté «el-Watan».
Les assaillants ont laissé derrière eux une bombe qui a explosé quelques minutes après, blessant trois civils.
Un autre quotidien, «Le Matin», indique de son côté que sept personnes ont été légèrement blessées, et que trois engins ont explosé.
Ktiten a été le théâtre d’un massacre de civils au début de l’année. Une quarantaine de personnes avaient alors été tuées.
Une relative accalmie s’est installée depuis une dizaine de jours en Algérie, après le massacre d’au moins 63 habitants de Béni Messous, dans la banlieue d’Alger. Des comités d’autodéfense veillent désormais, la nuit, dans de nombreux quartiers d’Alger (plus de 3 millions d’habitants).
Depuis cette tuerie, aucun nouveau massacre d’envergure ni attentat important n’a été rendu public. Mais plusieurs dizaines de civils ont été assassinés, le plus souvent égorgés, dans une série d’opérations isolées, principalement dans l’Algérois (centre), selon les bilans partiels.
Plusieurs accrochages sanglants ont aussi été signalés entre forces de sécurité et groupes armés islamistes.
L’armée et la police ont mené mardi une vaste opération de ratissage à Djebel Kokou, un quartier déshérité, accroché à flanc de colline dans la banlieue d’Alger, contrôlant des habitations à la recherche de «planques» des groupes armés islamistes.

Rappel à l’ordre
des imams

Par ailleurs, le gouvernement algérien a fermement appelé les imams à ne «pas se taire» et à dénoncer l’infiltration et l’utilisation de certaines mosquées comme bases d’opérations par des groupes islamistes armés.
Cet appel survient après plusieurs opérations récentes des forces de sécurité qui ont permis de découvrir que certaines mosquées d’Alger et de sa périphérie servaient de repaires au Groupe islamique armé (GIA).
Le ministre des Affaires religieuses, Bouabdellah Ghamallah, a réuni mardi les imams des mosquées du gouvernorat d’Alger. Plus de 200 mosquées sont implantées dans cette zone, dont de nombreuses dans des banlieues déshéritées où les groupes islamistes sont très actifs.
Le ministre, cité par la télévision d’Etat, a rappelé aux imams qu’ils étaient des «fonctionnaires» et se trouvaient «juridiquement» responsables des lieux de culte.
Les imams doivent faire appel à l’administration s’ils découvrent que leurs mosquées sont utilisées à des fins de «terrorisme», a-t-il expliqué.
Certaines mosquées «sont devenues des lieux de complot», a mis en garde le ministre. «L’imam n’a pas le droit de se taire».
Des opérations au cours des dernières semaines ont permis de découvrir qu’au moins quatre mosquées d’Alger et de sa périphérie avaient été utilisées par le GIA. Il y a quatre jours, les forces de sécurité avaient lancé un spectaculaire assaut contre la mosquée Emir Abdelkader de Cherarba près d’Alger tuant, après 24 heures de siège, plusieurs membres d’un groupe armé. Une cache était creusée sous la salle de prière.
Une partie de la presse privée, hostile aux islamistes, a mis en cause le «laxisme et les négligences» des autorités. «Les mesures de sécurité appliquées aux édifices publics sont à étendre aux lieux de prière en attendant que la vigilance des citoyens s’exprime aussi dans la protection à ce niveau», estimait récemment le quotidien «Liberté».
Les mosquées avaient été utilisées comme «rampes de lancement» par le Front islamique du salut (FIS-dissous) à la fin des années 1980. Elles servaient notamment de lieu de propagande et de points de ralliement des manifestations.
Après la dissolution du FIS, le pouvoir a tenté de reprendre le contrôle des lieux de culte en nommant et en appointant des imams «officiels».
Ces derniers sont rapidement devenus des cibles privilégiées des groupes armés, qui n’ont pas hésité à aller les égorger jusque dans les mosquées.
Vendredi un imam, candidat du parti islamiste Ennahda aux élections locales du 23 octobre, a encore été tué par balles dans sa mosquée de Constantine (est) sous les yeux des fidèles. Le quotidien «el-Watan» élargissait mercredi ce débat en regrettant que les groupes islamistes continuent de bénéficier de la complicité d’une partie de la population. «Que peuvent faire les forces de sécurité quand certaines populations continuent, malgré les malheurs qui frappent les citoyens, d’apporter leur soutien aux groupes terroristes, leur permettant ainsi de bénéficier de larges complicités pour échapper aux opérations de ratissage ou de contrôle», écrit l’éditorialiste d’«el-Watan». (AFP)
Le Parlement européen devrait engager le dialogue avec le nouveau Parlement algérien pour favoriser la paix et l’arrêt des violences, a proposé au nom du Parti populaire européen, l’élu français André Soulier, mercredi à Strasbourg.«Notre Parlement doit créer une délégation ad hoc pour aller à Alger dialoguer de Parlement à Parlement avec les élus du peuple algérien pour commencer à parcourir le chemin vers la paix», a proposé M. Soulier dont l’idée a été accueillie favorablement par ses collègues lors d’un débat sur la situation en Algérie.La décision de former une telle délégation devrait être prise jeudi au Parlement européen.«Il faut attirer l’attention des responsables algériens sur le fait que l’accord d’association en préparation avec l’UE ne pourra être signé que lorsque des...