Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Affaire Diana : black-out quasi total sur l'enquête en France

Le palais de justice de Paris est assiégé depuis la mort de Lady Diana, il y a douze jours, par des journalistes du monde entier qui protestent contre le caractère secret de l’enquête.
La conception française du secret de l’instruction semble en effet inconcevable aux journalistes anglo-saxons, qui soupçonnent certains de leurs confrères français de bénéficier d’un traitement de faveur, voire de «fuites».
«Je n’avais jamais vu un tel carnaval depuis le début de ma carrière au palais de justice», explique un «vétéran» de la magistrature parisienne.
Les moments forts de l’enquête sur l’accident du pont de l’Alma ont drainé une foule de plusieurs centaines de reporters sur l’île de la Cité.
Ces derniers ont parfois patienté des jours et des nuits devant le 36 quai des Orfèvres, qui abrite la brigade criminelle, ou dans les couloirs du palais de justice sans obtenir la moindre communication officielle sur la marche de l’enquête.
Beaucoup sont repartis sans informations et même sans images des juges, des policiers, ou même des dix personnes mises en examen dans le dossier.
Manifestant publiquement leur agacement, certains d’entre eux ont annoncé leur intention d’écrire au juge Hervé Stéphan, en charge du dossier pour protester.
«C’est devenu absurde. Qui faut-il appeler? La police dit ‘pas de commentaire’, le cabinet du juge nous dit que les informations seront sur les agences de presse...» explique John Lichfield, correspondant du quotidien britannique «The Independent».

«Laisser courir les rumeurs»

«Il n’y pas de conférence de presse pour établir les faits de base. Cela veut dire que même l’information de base est contestée. C’est fou, ce ne peut pas être dans l’intérêt des enquêteurs de laisser courir les rumeurs», estime-t-il.
«Normalement, aux Etats-Unis, il y aurait une conférence de presse ou une déclaration officielle de la part de la police ou du procureur. Pour nous, c’est bizarre de ne travailler qu’avec des ‘sources proches de l’enquête’. On doit tout passer au peigne fin avant de diffuser», dit Greg Peppers, de la National Public radio américaine.
Les correspondants étrangers qui harcèlent le standard du palais de justice en demandant le «service de presse» découvrent qu’il n’en existe aucun.
Ils se rabattent alors sur leurs collègues français accrédités dans la place pour tenter, sans grand succès, de leur arracher des informations ou même des interviews dans leur langue.
Le juge Hervé Stéphan ou les représentants du parquet de Paris ne répondent éventuellement au téléphone que pour expliquer la procédure. En France, le secret de l’instruction interdit au juge, à son greffier, et aux policiers de communiquer sur l’enquête.
Seul le parquet y est autorisé dans certaines limites, mais le procureur Gabriel Bostard s’est contenté depuis le début de l’enquête de deux communiqués, dont un faisant état des résultats de l’expertise toxicologique du chauffeur Henri Paul... qui avaient déjà largement «fuité» dans la presse française.
Cette règle du secret, incomprise des journalistes anglo-saxons habitués à un rapport plus direct de la justice avec les médias, a souvent été critiquée en France mais pour son caractère «trop libéral».
De nombreux spécialistes consultés pour une éventuelle réforme ont ainsi – comme dernièrement la commission Truche nommée par le président Chirac – proposé de renforcer le secret de l’instruction censée protéger la présomption d’innocence.
La frénésie médiatique qui a gagné le palais de justice de Paris se manifeste également par un harcèlement téléphonique «d’informateurs» qui prétendent détenir la vérité sur la mort de Diana.
Un correspondant anonyme parlant en anglais avec un fort accent grec a ainsi évoqué un complot des services secrets britanniques dans un appel à la salle de presse du palais de justice. Le juge Stéphan lui-même a reçu quantité d’appels similaires le jour où il mettait en examen des photographes de presse.
Ulcérée, la presse britannique s’en est prise aux autorités françaises. Le «Sun» a notamment estimé cette semaine qu’il était temps de parvenir à une conclusion de l’enquête.
Les correspondants étrangers ne sont toutefois pas au bout de leurs peines, car les délais habituels de clôture d’une instruction, avant même un éventuel procès, sont rarement inférieurs à plusieurs années en France. (Reuter)
Le palais de justice de Paris est assiégé depuis la mort de Lady Diana, il y a douze jours, par des journalistes du monde entier qui protestent contre le caractère secret de l’enquête.La conception française du secret de l’instruction semble en effet inconcevable aux journalistes anglo-saxons, qui soupçonnent certains de leurs confrères français de bénéficier d’un traitement de faveur, voire de «fuites».«Je n’avais jamais vu un tel carnaval depuis le début de ma carrière au palais de justice», explique un «vétéran» de la magistrature parisienne.Les moments forts de l’enquête sur l’accident du pont de l’Alma ont drainé une foule de plusieurs centaines de reporters sur l’île de la Cité.Ces derniers ont parfois patienté des jours et des nuits devant le 36 quai des Orfèvres, qui abrite la brigade...