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Actualités - Chronologie

Les bosniaques aux urnes ce week-end pour un scrutin imparfait (photo)

Ni les coups de colère des partis nationalistes, ni les doutes sur la validité d’un scrutin biaisé n’auront eu une nouvelle fois raison du calendrier: les Bosniaques, avec un an de retard, élisent ce week-end leurs conseils municipaux.
L’OSCE — Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe — espérait donner une nouvelle chance à la démocratie en Bosnie, minée par l’idéologie nationaliste.
Un an après leur victoire aux élections générales du 14 septembre 1996, les trois partis au pouvoir — SDA musulman, HDZ croate, SDS serbe — lui ont donné une réponse claire: pas de campagne sur la vie locale, mais des tractations en sous-main, par listes d’électeurs interposées, pour légitimer leur domination sur des territoires conquis par les armes, ou à l’inverse récupérer des villes perdues.
«Serbes, Croates, musulmans»: un observateur étranger résume en trois mots la campagne.
Trois communautés, séparées par des rancœurs tenaces, que la communauté internationale tente, malgré elle, de réconcilier par des règles simples en apparence: donner, sous conditions, aux 2.535.000 électeurs le droit de voter soit là où ils vivaient en 1991, année du dernier recensement, soit là où ils se sont établis depuis la guerre.
Srebrenica, dans l’Est de la Bosnie: la municipalité comptait 73% de musulmans en 1991, chassés ou tués par les Serbes. La ville est aujourd’hui serbe, mais le rapport de forces serait suffisant pour permettre aux musulmans qui ont fui de remporter la mairie.
Drvar, dans l’Ouest, peuplée de 17.000 Serbes avant la guerre. Les Croates y vivent à présent en maîtres. Mais les Serbes, exilés à Banja Luka, sont bien décidés à la reconquérir et ont même créé un parti politique.
Par ce jeu de dominos, la mosaïque des trois communautés bosniaques devrait, en théorie, se dessiner. C’est du moins l’idée jetée sur le papier, en novembre 1995, par les signataires de l’accord de paix de Dayton.
A la nuance près que, presque deux ans plus tard, la liberté totale de mouvement et le retour chez eux d’1,4 million de réfugiés et personnes déplacées tiennent toujours de la fiction.

Fraudes massives

Impossible, dans ces conditions, d’imaginer qu’un maire musulman à Srebrenica puisse siéger au cœur de cette région serbe. Le délai de trois mois prévu entre la publication des résultats, le 20 septembre, et leur validation, n’y fera rien.
En témoigne l’exemple des musulmans élus l’an dernier au Parlement des Serbes de Bosnie: «Aucun d’entre eux n’a pu retourner habiter en territoire serbe, à chaque session ils sont conduits dans un bus de la communauté internationale, se font insulter puis repartent en bus», raconte un analyste de l’organisation américaine indépendante ICG (International Crisis Group).
Ce même organisme, qui avait mis en lumière des fraudes massives l’an dernier, n’hésite par à affirmer que ces municipales, déjà reportées quatre fois, «n’ont pas grand chose à voir avec la démocratie».
Pour déjouer la fraude, l’OSCE a envoyé 2.700 contrôleurs et observateurs surveiller le scrutin, qui a été précédé d’inscriptions obligatoires pour les électeurs.
C’est là la faille du dispositif: les partis politiques ont reçu par avance les listes et ont pu, par la simple consultation des noms, connaître pour l’essentiel les résultats.
D’où l’appel au boycott, annulé in extremis jeudi soir, du HDZ (Communauté démocratique croate) et les menaces dans le même sens des Serbes de Bosnie.
«Les Croates ont de gros soucis. Ils devraient perdre face aux musulmans à Novi Travnik, Jajce, Bugojno (centre de la Bosnie), dans le secteur central de Mostar (Sud), et céder aux Serbes Drvar et peut-être Glamoc (Ouest)», affirme une source diplomatique occidentale sous couvert de l’anonymat.
A Brcko, ville du Nord-Est très disputée, «les Serbes allaient perdre avec 49% à 50%», selon cet interlocuteur. Les concessions de dernière heure que leur ont faites l’OSCE en acceptant 2.900 électeurs supplémentaires devraient avoir inversé la tendance. (AFP)
Ni les coups de colère des partis nationalistes, ni les doutes sur la validité d’un scrutin biaisé n’auront eu une nouvelle fois raison du calendrier: les Bosniaques, avec un an de retard, élisent ce week-end leurs conseils municipaux.L’OSCE — Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe — espérait donner une nouvelle chance à la démocratie en Bosnie, minée par l’idéologie nationaliste.Un an après leur victoire aux élections générales du 14 septembre 1996, les trois partis au pouvoir — SDA musulman, HDZ croate, SDS serbe — lui ont donné une réponse claire: pas de campagne sur la vie locale, mais des tractations en sous-main, par listes d’électeurs interposées, pour légitimer leur domination sur des territoires conquis par les armes, ou à l’inverse récupérer des villes...