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Actualités - Chronologie

Bosnie : les serbes ultras à l'épreuve des urnes (photo)

Les ultra-nationalistes serbes de Bosnie risquent de faire les frais de leur croisade contre la présidente Biljana Plavsic, lors des municipales du week-end prochain, auxquelles ils ont décidé de participer sans avoir mené une véritable campagne électorale.
Le Parti démocratique serbe (SDS, ultra-nationaliste), qui contrôle la plupart des communes de la Républika Srpska (RS), a déjà perdu de son influence dans le Nord et l’Ouest de l’entité serbe.
De nombreux membres du SDS, notamment à Banja Luka (Nord-Ouest), où siège Mme Plavsic, et Bijeljina (Nord-Est), ont rendu leur carte du parti, se désolidarisant des fidèles du dirigeant déchu Radovan Karadzic, poursuivi pour crimes de guerre par la justice internationale.
La prise de contrôle par la police de Mme Plavsic de plusieurs émetteurs dans le Nord a privé le SDS du monopole télévisé qu’il détenait depuis le début de la guerre en 1992 et qu’il utilisait à des fins de propagande.
Depuis plus d’un mois, la moitié des téléspectateurs serbes échappent ainsi à l’emprise des durs de Pale.
Dans la partie Sud de la RS, le SDS contrôle toujours l’ensemble des médias. Il en a usé et abusé pour multiplier les attaques contre Mme Plavsic, accusée de «trahison», et vilipender les soldats de l’OTAN, assimilés à des SS et dépeints comme une «force d’occupation».
Mais en laissant planer jusqu’au dernier moment la menace d’un boycottage, le SDS s’est privé de campagne électorale. C’est seulement mercredi soir, au moment où le Parlement optait pour une participation au scrutin, que la télévision de Pale a diffusé ses premiers spots invitant les électeurs à voter pour le SDS et à «ne pas éparpiller leurs voix».
Les ultra-nationalistes ont longtemps protesté contre les règles électorales «inéquitables» et des listes électorales qu’ils affirmaient avoir été «manipulées».

Les municipalités
divisées

Ils craignent en fait que les règles établies par l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), qui veut éviter que soient entérinés les résultats du «nettoyage ethnique», ne leur fassent perdre des voix.
Le président du Parlement, Dragan Kalinic, a affirmé que des négociations entre le gouvernement de la RS et les représentants de la communauté internationale avaient permis d’«améliorer les conditions du scrutin».
Il a notamment précisé que 2.918 personnes, qui avaient été exclues des listes électorales dans la ville disputée de Brcko (Nord-Est), seraient autorisées à voter.
L’agence SRNA a fait état de récrimination contre l’OSCE émanant d’un grand nombre de municipalités. A Zvornik (Est), par exemple, les autorités locales ont accusé l’OSCE de «faire le jeu» des musulmans en décidant d’unifier le srutin des parties serbe et musulmane de la ville.
Les Serbes contestent l’importance du corps électoral musulman de Zvornik enregistré par l’OSCE: 22.993 électeurs musulmans contre 30.023 électeurs serbes. Selon le maire serbe de Zvornik, Stevo Radic, cité par SRNA, «il n’y avait pas autant d’électeurs musulmans avant la guerre».
Les organisateurs du scrutin risquent de connaître des problèmes dans les municipalités divisées entre la RS et la Fédération croato-musulmane (l’autre entité bosniaque), comme Drvar et Kljuc (Ouest).
Dans la partie de Kljuc restée dans la Fédération, six partis sont en lice, dont un de la RS. Dans la partie serbe de la ville, sur onze formations en lice, il y a une coalition musulmane de la Fédération.
Même scénario à Drvar: les électeurs de la Fédération auront le choix entre le HDZ (parti croate unique) et deux partis de la RS; dans la partie serbe de Drvar, un parti musulman et cinq partis serbes se disputeront la faveur des électeurs.
Kljuc, mi-serbe, mi-musulman avant la guerre, est aujourd’hui sous contrôle croate, tout comme Drvar, qui était jadis serbe à 98%.
Le SDS soupçonne aussi Croates et musulmans de la Fédération de vouloir reconquérir par les urnes des villes du bassin de la Save (Nord), où ils étaient majoritaires avant la guerre. (AFP)
Les ultra-nationalistes serbes de Bosnie risquent de faire les frais de leur croisade contre la présidente Biljana Plavsic, lors des municipales du week-end prochain, auxquelles ils ont décidé de participer sans avoir mené une véritable campagne électorale.Le Parti démocratique serbe (SDS, ultra-nationaliste), qui contrôle la plupart des communes de la Républika Srpska (RS), a déjà perdu de son influence dans le Nord et l’Ouest de l’entité serbe.De nombreux membres du SDS, notamment à Banja Luka (Nord-Ouest), où siège Mme Plavsic, et Bijeljina (Nord-Est), ont rendu leur carte du parti, se désolidarisant des fidèles du dirigeant déchu Radovan Karadzic, poursuivi pour crimes de guerre par la justice internationale.La prise de contrôle par la police de Mme Plavsic de plusieurs émetteurs dans le Nord a privé le SDS...