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Actualités - Chronologie

"Africa" d'A. Najjar, médaille d'argent en littérature (photo)

Joint au téléphone à Beyrouth, Alexandre Najjar s’est dit «heureux et fier d’avoir donné au Liban une médaille d’argent aux Jeux de la Francophonie. Cette récompense a hissé le pays de huit places dans le tableau général des médailles; elle prouve au monde francophone qu’il faudra toujours compter avec la littérature libanaise d’expression française et que notre culture est bien vivante. Elle démontre surtout à ceux qui essaient de tirer notre pays vers le bas que nous ne les laisserons pas faire...»
Dans sa missive, Alexandre Najjar tient à souligner que son absence «physique» de Madagascar n’était nullement due à des «raisons de santé». L’auteur a critiqué, en des termes virulents, le manque d’intérêt accordé par le ministre de la Culture M. Faouzi Hobeiche à la composition de la délégation culturelle libanaise et à son départ qui n’aurait été possible «sans l’intervention personnelle du président Rafic Hariri, de l’administrateur de la ville de Beyrouth, Nicolas Saba, et de Chawki Attieh». Najjar a conclu en dédiant «cette distinction au président Charles Hélou qui m’a toujours apporté son soutien et dont l’action en faveur de la francophonie est exemplaire».
«Africa» raconte la détresse du continent africain et l’indifférence du monde face à la misère humaine.

La nouvelle

C’est l’histoire d’une femme qui a perdu son fils de trois ans écrasé par une voiture participant à un rallye dans le désert. Alors que sa vie à elle est brisée par cette perte, les rallyes se poursuivent d’année en année, impunément. C’est d’ailleurs lors d’une course automobile que l’auteur, dont les roues de la voiture viennent s’empaler sur une planche de clous, entend la complainte de l’Africaine et la rencontre...
Citant, en exergue Lamartine, «Et le rapide oubli, second linceul des morts», Najjar rappelle, en peu de mots, la souffrance et la dignité de tout un continent bafoué. Ci-dessus un extrait de la nouvelle.
«Il y a, dans les paysages d’Afrique, une poésie indéchiffrable pour celui qui n’a pas fréquenté ses cases et appris ses codes. Leur mystère, leur sens caché ne se donnent pas aux profanateurs: ils ne se livrent qu’à ceux qui savent les contempler avec le respect qu’on doit aux vieillards. Le continent africain est une école d’humilité. Il nous rappelle que la pauvreté frappe à nos portes lorsque notre conscience s’abandonne au confort du modernisme. Il nous indique l’essentiel: que la nature est un temple, et que nous sommes nus face à Dieu et face au temps. Il nous dessine les limites du progrès: qui est le plus heureux, de celui qui s’allonge à ciel ouvert sous une pluie d’étoiles, ou celui qui se calfeutre dans sa tour de verre? Ce continent — réceptacle de tous les cris: cris de douleur, de détresse et de révolte —, ce continent est tragique: il est le miroir de la misère humaine.
De l’Afrique, je garde des souvenirs douloureux comme des remords qui, longtemps, continueront de me hanter: il y a le spectacle de ces milliers de réfugiés abandonnés sur les routes de l’exil, et celui de ces enfants aux corps décharnés, de ces enfants qui ne dorment plus ou qui dorment à jamais. Il y a enfin cette histoire vraie qui me pourchasse et que je n’oublierai pas» (...)

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«Je fermai les paupières: des jours durant, j’avais affronté le désert sans jamais songer aux âmes qui le peuplent. Un peu comme un canonnier, j’avais choisi des points sur ma carte, sans jamais me soucier de ce que représentaient ces points sur la carte.
Le bruit sourd des tam-tams et la mélodie entraînante des balafons s’élevèrent dans le lointain: la nuit était tombée sur le désert.
— Nous avons perdu la course, comme ça... bêtement! grommela Steve en accompagnant sa phrase d’un geste désabusé.
— Moi, monsieur, dit l’Africaine, j’ai perdu Bemba.
Les yeux mi-clos, elle ajouta en claquant des doigts.
— Comme ça... bêtement».
Joint au téléphone à Beyrouth, Alexandre Najjar s’est dit «heureux et fier d’avoir donné au Liban une médaille d’argent aux Jeux de la Francophonie. Cette récompense a hissé le pays de huit places dans le tableau général des médailles; elle prouve au monde francophone qu’il faudra toujours compter avec la littérature libanaise d’expression française et que notre culture est bien vivante. Elle démontre surtout à ceux qui essaient de tirer notre pays vers le bas que nous ne les laisserons pas faire...»Dans sa missive, Alexandre Najjar tient à souligner que son absence «physique» de Madagascar n’était nullement due à des «raisons de santé». L’auteur a critiqué, en des termes virulents, le manque d’intérêt accordé par le ministre de la Culture M. Faouzi Hobeiche à la composition de la délégation...