Les 89.302 électeurs du territoires ont plébiscité leur «ministre des Affaires étrangères» sortant, élu avec 89,3% des voix devant deux adversaires dépassant à peine 5% des suffrages, selon la commission électorale locale.
L’élection a été jugée «illégale» par l’Azerbaïdjan, et elle a été dénoncée également par la Russie, une des puissances médiatrices au conflit.
Mais le nouveau numéro un du Nagorny Karabakh a affirmé, dès l’annonce des résultats mardi dernier qu’il défendrait la sécession du territoire, acquise par les armes lors d’une guerre qui fit 20.000 morts de 1988 à 1994.
«Il est inadmissible pour le Nagorny Karabakh d’examiner un statut à l’intérieur de l’Azerbaïdjan», a affirmé M. Goukassian, 40 ans.
Le Nagorny Karabakh a célébré mardi le 6e anniversaire de sa déclaration d’indépendance, qui n’a été reconnue par aucun Etat.
Le scrutin visait à pourvoir à la succession du «père» de l’indépendance du Nagorny Karabakh, Robert Kotcharian, nommé en mars premier ministre de l’Arménie.
L’élection n’a en apparence fait que renforcer le dialogue de sourds entre Arméniens et Azerbaïdjanais.
Le président arménien Levon Ter-Petrossian a affirmé que l’élection «allait à nouveau démontrer à la communauté internationale la réelle indépendance de la république, et allait avoir un effet positif sur les négociations», a rapporté l’agence russe Interfax.
Pas de négociations
Mais un haut responsable azerbaïdjanais, Vafa Goulouzadé, a, de son côté, réaffirmé «qu’il ne pouvait être question d’aucune négociation avec le soi-disant pouvoir du Karabakh», comme demandé par M. Goukassian.
M. Goulouzadé, conseiller diplomatique du président azerbaïdjanais Gueïdar Aliev, a ajouté que l’élection présidentielle «retardait la possibilité d’une reprises des négociations entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie».
Au-delà des déclarations d’intransigeance, les deux belligérants s’apprêtent à reprendre les pourparlers: M. Goukassian a annoncé la venue au Nagorny Karabakh, du 20 au 25 septembre, des représentants de la coprésidence du groupe de Minsk de l’OSCE (Russie, France, Etats-Unis).
Les propositions des médiateurs s’articulent autour du déploiement d’une force d’interposition de l’OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe), et de l’octroi d’une autonomie pour le Nagorny Karabakh au sein de l’Azerbaïdjan, selon des indications concordantes.
Les présidents des trois puissances médiatrices ont affirmé en marge du dernier sommet du G8 en juin à Denver (Etats-Unis) leur détermination à tout faire pour débloquer le conflit.
Le Nagorny Karabakh a été ensuite l’objet d’entretiens au sommet entre le président américain Bill Clinton et M. Aliev en juillet à Washington, et entre les présidents russe Boris Eltsine et arménien Levon Ter-Petrossian en août à Moscou.
«Le regain d’intérêt pour le Caucase, et pour l’Azerbaïdjan en particulier, est très directement lié aux découvertes pétrolières» dans ce dernier pays, a commenté mardi un diplomate occidental en poste à Moscou.
Un consortium international dominé par l’Américain Amoco et le Britannique British Petroleum s’est, en effet, engagé à investir plusieurs milliards de dollars pour l’exploitation du pétrole azerbaïdjanais, accroissant l’intérêt de l’Occident à assurer la stabilité dans la région.
Mais M. Goukassian a affirmé que «les questions du pétrole et du règlement du conflit du Nagorny Karabakh ne devaient pas être liées». «S’il y a une pression sur nous, nous devrons y faire face et nous ne signerons aucun document qu’on tentera de nous imposer», a-t-il assuré. (AFP)


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