L’ambassade irakienne à Téhéran a annoncé avoir déjà délivré des visas à des Iraniens désireux d’effectuer un pèlerinage en Irak, voyage qui leur était interdit depuis le début de la guerre entre les deux pays (1980-88).
Le vice-président irakien, M. Taha Yassine Ramadan, a inspecté le poste-frontière d’al-Mounziriya, à 160 km au nord-est de Bagdad, en compagnie de hauts responsables. Il a appelé à «intensifier les efforts pour assurer un séjour confortable aux visiteurs iraniens», a rapporté la presse de Bagdad.
Interrogé sur la demande de l’Iran de discussions préalables sur les conditions de voyages de ses ressortissants, le responsable de l’organisation du pèlerinage à Mounziriya, M. Sabah Hourani, s’est borné à déclarer: «Nous sommes prêts à accueillir toute délégation et tout groupe d’Iraniens».
«Toutes les mesures ont été prises» à cet effet, a-t-il affirmé à la presse.
Lundi, le directeur de l’Organisation iranienne du pèlerinage, M. Hossein Rézaï, avait accusé l’Irak d’avoir «refusé l’offre de Téhéran d’envoyer une délégation officielle à Bagdad pour parler des conditions de séjour des pèlerins» ou d’envoyer une délégation à Téhéran pour en discuter.
La compagnie irakienne de transport a pour sa part annoncé qu’elle mettait à la disposition des pèlerins iraniens cent nouveaux autocars pour les transporter de la frontière jusqu’aux lieux saints.
Pas de traité de paix
Le ministère irakien de l’Intérieur avait annoncé le 28 août que 3.000 Iraniens pourraient visiter les lieux saints chiites en Irak chaque semaine.
Ces pèlerins venant d’un pays à large majorité chiite, seront admis par groupes de 750 personnes et la durée de leur séjour a été fixée à sept jours (six nuits) non renouvelables, selon le ministère.
Bagdad avait notifié le 19 août à Téhéran sa décision d’autoriser les Iraniens à se rendre à partir du 4 septembre sur les lieux saints chiites.
Cette dernière date coïncide avec le déclenchement de la guerre irako-iranienne en 1980, qui a fait des centaines de milliers de morts en huit ans. Depuis, les ressortissants des deux Etats ne pouvaient plus se rendre dans l’autre pays.
Le consul irakien à Téhéran, M. Khobeir Mashhadani, a souligné que la possibilité d’un pèlerinage en Irak était «ouverte à tout le monde». «Il n’y a pas de limites», a-t-il affirmé, ajoutant que «beaucoup de gens» avaient déjà déposé des demandes de visa.
Deux importants lieux saints chiites se trouvent en Irak: Najaf, à 140 km au sud de Bagdad, où se trouve le mausolée d’Ali, premier imam chiite, et Kerbala, à 80 km au sud de Bagdad, qui abrite le mausolée de Hussein, deuxième fils d’Ali et troisième imam chiite.
La capitale irakienne compte parmi ses monuments les tombeaux d’autres imams chiites, dans ses banlieues de Qazimiya et Aazamiya.
En dépit de la guerre qui les a opposés, l’Iran et l’Irak ont maintenu leurs relations diplomatiques, avec un personnel d’ambassade très restreint. Les deux pays n’ont toujours pas signé de traité de paix. (AFP)


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