Plusieurs témoins ont été entendus par les policiers de la brigade criminelle, en charge de cette enquête, selon des sources proches de celle-ci. Se sont ajoutées les auditions des sept photographes qui ont été placés en garde à vue durant 48 heures dans les locaux des enquêteurs. La justice française a ouvert mardi une information judiciaire pour «homicides et blessures involontaires» et «non assistance à personne en danger».
Le film de l’accident débute vers minuit à l’hôtel Ritz que le couple décide de quitter, après y avoir dîné, afin de rejoindre le domicile privé de Dodi, situé dans le 16e arrondissement de la capitale.
Une vingtaine de photographes sont présents devant le palace. Ils «planquent». Le couple a donc préparé sa sortie afin d’éviter les flashes, Dodi paraissant, précise-t-on, avoir pris les opérations en main, «parfois dans la confusion et dans une situation tendue». Il est décidé de mettre au point un leurre destiné à égarer les chasseurs d’images. Le chauffeur habituel de Dodi sort en trombe du Ritz, à bord d’un véhicule de marque Range Rover.
Il réussit à tromper des photographes, — dont certains appartiennent à la même agence que quelques-uns des gardés à vue — alors que sortent parallèlement de l’hôtel des voitures de luxe. Il n’a pas été établi qu’elles figurent dans le scénario échafaudé pour abuser les paparazzi.
Diana, son garde du corps Trevor Rees-Jones et Dodi s’engouffrent peu après, toujours en suivant le scénario prévu, à bord d’une Mercedes, équipée d’un moteur de 193 chevaux, pouvant dépasser les 200 km/h.
Echanges de propos
Le garde du corps est à l’avant, le couple à l’arrière. Au volant a pris place Henri Paul, 41 ans, un ancien militaire, numéro 2 de la sécurité du Ritz, surnommé «M. Paul», une figure du palace, qui a été rappelé chez lui, où il était d’astreinte, afin de transporter le couple.
Selon Gilbert Collard, avocat de l’un des photographes placés en garde à vue par la police, il y aurait eu des échanges de propos entre «M. Paul» et les chasseurs d’images. «Vous ne pourrez pas me rattraper», aurait indiqué le premier. La police n’a pu confirmer avec précision cet échange, indique-t-on. Il n’est pas exclu qu’il ait bien eu lieu.
Henri Paul emprunte «à vive allure» le chemin reliant l’hôtel au domicile de Dodi, entouré par une dizaine, peut-être plus, de photographes qui n’ont pas été bernés ou sont revenus sur place, et qui mitraillent. Une classique «chasse» de paparazzi, résume une source proche de l’enquête: des photographes devant, derrière, à côté de la voiture.
La voiture longe la Seine, puis emprunte la direction du tunnel situé sous le pont de l’Alma, où la vitesse est limitée à 50 km/h en raison de sa dangerosité.
Le chauffeur semble avoir, à cet instant, semé les paparazzi. Il roule «à très vive allure», selon une source proche de l’enquête. D’autres estimations le situent aux alentours de 180 km/h. C’est l’accident. Il percute de plein fouet un pilier du tunnel. La Mercedes rebondit contre un mur.
Il est 0h27 quand un témoin prévient les secours.
L’enquête n’a pas retenu formellement, pour l’instant, l’hypothèse de photographes ayant été devant la Mercedes, en dépit de quelques témoignages allant dans ce sens.
La présence de photographes, dont certains ont pu prendre la fuite, «mitraillant de près ses occupants, voire gênant ou écartant, de manière parfois vive, les premiers policiers et passants arrivés sur les lieux» a été établie.
Le chauffeur, selon une analyse de sang connue lundi, était en état d’ébriété: 1,75 gr/litre de sang. (AFP)


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