«Je ne crois pas que ces manœuvres soient dirigées contre la nation arabe», a déclaré le premier ministre jordanien Abdel Salam Majali, lors d’une conférence de presse.
«Contre qui? s’est-il interrogé, l’Arabie Séoudite, la Jordanie, l’Egypte, ou la Syrie?».
Il a rappelé que cette dernière «a participé à la guerre du Golfe (1991) aux côtés des forces alliées».
«La Turquie est une force importante de l’OTAN et les forces américaines sont présentes depuis longtemps en Turquie, qui a fait partie de la coalition internationale lors de la guerre du Golfe», a ajouté le premier ministre jordanien.
La presse officielle syrienne a estimé mercredi que les Etats-Unis perdaient «tout rôle positif» dans le processus de paix au Proche-Orient en participant à des manœuvres navales turco-israéliennes.
L’annonce, mardi par l’ambassade d’Israël à Ankara, de ces manœuvres prévues en novembre «fait perdre aux Etats-Unis ce qui leur reste de crédibilité et élimine tout rôle positif qu’ils pourraient avoir dans le processus de paix», écrit le quotidien «al-Baas».
Mardi, un porte-parole du ministère syrien des Affaires étrangères avait estimé qu’il s’agissait d’une «tentative désespérée de faire pression sur la Syrie afin qu’elle renonce à ses positions de principe».
L’annonce des manœuvres est «étonnante et totalement incompréhensible, au moment où doit arriver dans la région le secrétaire d’Etat américain Madeleine Albright pour sauver le processus de paix», a déclaré le porte-parole.
«Al-Baas» s’interroge sur «la participation de Washington, parrain du processus de paix, à ces manœuvres» — prévues du 15 au 25 novembre en Méditerranée orientale — qui constituent une «provocation nuisant au processus de paix», selon le journal.
Un autre quotidien «as-Saoura» appelle les Etats-Unis à «reprendre l’initiative en obligeant Israël à respecter le principe de l’échange de la terre contre la paix et l’esprit de la conférence de Madrid» de 1991.
«La crédibilité américaine a été largement entamée par l’intransigeance du premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et la complaisance américaine à son égard», estime le journal.
«As-Saoura» ajoute toutefois qu’«il n’est pas trop tard pour que Washington retrouve son rôle et sa crédibilité en s’attaquant sérieusement aux causes du blocage du processus de paix et en faisant pression pour le faire aboutir».
Pour sa part, le quotidien «Techrine» affirme que l’annonce par Israël de «la poursuite de ses projets de colonisation des territoires occupés est un sabotage délibéré de la tournée» dans la région que Mme Albright doit entamer le 9 septembre. (AFP).


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine