Certes, la situation technique du marché est restée intacte et n’a guère constitué un facteur de déstabilisation comme en témoignait la tenue finalement satisfaisante de la livre par rapport au dollar. Celui-ci a, en effet, achevé la semaine, vendredi dernier, dans une large fourchette de 1531,00 L.L. à 1540,00 L.L. avec un taux moyen indicatif de 1535,50 L.L. contre 1531,50/1540,50 L.L. et un taux moyen indicatif de 1536,00 L.L. à la fin de la semaine se terminant au vendredi 22 août, soit en léger repli de 0,03% en moyenne, correspondant au taux d’appréciation de la livre pendant la même période.
Pourtant, le dollar devait être négocié au-dessous de ce niveau sur le marché interbancaire, dans une marge plus étroite entre 1539,00 et 1540,00 L.L. jusqu’à jeudi puis entre 1539,75 et 1540,25 L.L., vendredi dernier, contre 1540,00 et 1540,50 L.L. au vendredi 22 août. Ce phénomène semble traduire la contraction de l’offre du «billet vert» à la veille du week-end, incitant les agents financiers à la recherche au point supérieur d’intervention de la B.D.L., alors qu’auparavant ils étaient plus disposés à le céder à ce niveau.
Hésitation à
l’étranger
A l’étranger, le dollar a éprouvé beaucoup de difficultés à s’engager dans une direction déterminée, fluctuant très étroitement tantôt à la hausse tantôt à la baisse face au deutsche mark, mais avec des signes de fermeté contre le yen, dont la tenue a été affectée par la crise des marchés du sud-est asiatique.
Les incertitudes entourant l’orientation des politiques monétaires des deux côtés de l’Atlantique semblent être à l’origine de cette irrégularité du «billet vert» la semaine dernière qui a été très riche en statistiques macro-économiques américaines souvent contradictoires. D’un côté, les marchés ont appris des directeurs d’achats de Chicago (C.P.M.A.) que l’économie présentait des signes de surchauffe militant en faveur d’un durcissement de la politique monétaire de la Réserve fédérale lors de la prochaine réunion de son comité de l’open market fin septembre (hausse de l’activité de l’industrie manufacturière dans la région de Chicago de 60,60 points en juillet à 64,30 points en août, du coût de la production de 61,60 à 65,80 points et de celui de l’emploi de 51,00 à 55,60 points). Cela d’autant que les dépenses des Américains à la consommation augmentaient de 0,8% en juillet (au plus haut de l’année) contre 0,2% en juin malgré le ralentissement de la hausse de leurs revenus personnels à 0,1% contre 0,6% pendant la même période, à un moment où les demandes d’allocations-chômage diminuaient pendant l’avant-dernière semaine d’août de 16.000 en totalisant 323.000 (signes de créations d’emplois non-agricoles) et les ventes et les reventes de logements progressaient de 0,9% et de 2,2% respectivement en juillet. De plus, les marchés avaient pris acte, plus tôt dans la semaine, de la révision en hausse des chiffres du produit intérieur brut (P.I.B.) américain de 2,2% à 3,6% au second trimestre, après 4,9% au premier, et de l’annonce par la Conference Board que son indice mensuel mesurant la confiance des consommateurs américains aurait augmenté de 126,30 points en juillet à 129,10 points le mois dernier, laissant croire à une suchauffe de l’économie.
Mais d’un autre côté, l’université de Michigan faisait savoir que son indice mesurant le sentiment des consommateurs américains aurait reculé de 107,10 points en juillet à 104,40 points le mois dernier, alors que l’indice des directeurs d’achats aux Etats-Unis (National Association of Purchasing Managers — N.A.P.M.) révélait aussi un ralentissement de l’activité de l’industrie manufacturière au niveau national en tombant de 59,50 points en juillet à 55,00 points en août, ce qui exclut toute surchauffe économique et par ricochet tout prochain relèvement des taux d’intérêt américains. Cela d’autant que les commandes de biens durables avaient diminué de 0,6% en juillet contre une hausse de 2,9% en juin.
Eu égard à toutes ces considérations, les avis des experts devaient être partagés au sujet de la prochaine orientation de la politique monétaire américaine, pendant qu’en Allemagne, le président de la Bundesbank, Hans Tietmayer, qui avait tenté de rassurer les marchés en dédramatisant l’évolution récente de l’inflation (+0,2% en août et + 2,00% en rythme annuel en 1997), laissait entendre aussi par la voie du porte-parole de l’institut d’émission germanique, Manfred Körber, que la question du relèvement des taux allemands restait ouverte, faisant frapper davantage par cela les marchés d’incertitudes. C’est ainsi qu’à New York et à la veille d’un long week-end chômé aux Etats-Unis pour le Labor Day aujourd’hui, le dollar, qui était en nette hausse à 12,80 yen contre 118,30 au vendredi 22 août (+2,11%), s’est négocié à la baisse contre les autres monnaies à 1,8095 D.M. contre 1,8165 (—0,39%), à 6,0920 F.F. contre 6,1115 (—0,32%), à 1,4925 F.S. contre 1,4995 (—0,47%), à 1,6200 pour un sterling contre 1,6095 (—0,65%) tout en se maintenant à 1770,00 lires.
Détente de l’or
Les cours de l’or n’ont pas trouvé le moindre appui dans les incertitudes monétaires et les inquiétudes financières inhérentes à la situation des places asiatiques, la semaine dernière, en restant confinés dans d’étroites limites à la baisse. C’est ainsi qu’à New York et en l’absence d’intérêts à l’achat, la parité de l’once est revenue en clôture, vendredi dernier, à 324,50 dollars contre 326,20 au vendredi 22 août, en baisse de 0,52% en moyenne.
En parallèle, l’argent-métal, faisant l’objet de ventes bénéficiaires, est tombé, vendredi dernier, à New York à 4,6160 dollars l’once contre 4,6770 dollars au vendredi 22 août, en baisse plus sensible de 1,30% en moyenne.
Elie KAHWAGI


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