Le président Emil Constantinescu a récemment lancé un projet intitulé «La Roumanie au carrefour», visant à «mettre à profit l’immense potentiel de collaboration régionale et inter-régionale» dont jouit ce pays, grâce notamment à son emplacement sur le «corridor qui relie l’Asie Centrale à l’Europe».
«La Roumanie dispose de plusieurs atouts pour figurer sur la nouvelle route du pétrole en provenance d’Azerbaïdjan et de Géorgie, dont notamment le port de Constanta, sur la mer Noire, et la raffinerie Petromidia, à proximité», a indiqué un responsable du ministère de l’Industrie, Corneliu Condrea.
Selon lui, le transport du pétrole sur la mer Noire et ensuite sur le canal Danube-Maine-Rhin serait la «solution la plus avantageuse» pour ces deux anciennes républiques soviétiques.
Mais, a-t-il souligné, une décision là-dessus «ne sera pas prise avant deux ou trois années, car l’enjeu est particulièrement important».
En attendant, le gouvernement roumain a entamé un programme de rentabilisation du secteur pétrolier, dont les pertes se sont élevées à 896 millions de dollars l’année dernière.
Le cabinet du premier ministre Victor Ciorbea a notamment décidé de fermer trois des 10 raffineries que compte ce pays et de remplacer la Compagnie roumaine du pétrole, accusée de détenir une position de monopole sur le marché, par une Société nationale du pétrole (SNP), plus flexible.
«Les 10 raffineries n’ont jamais été utilisées à plein, ni même lorsque l’existence du MOMECON permettait l’importation de brut contre des marchandises», a indiqué M. Condrea.
Exploitation
irrationnelle
Fruit des ambitions mégalomaniaques de l’ancien dirigeant communiste Nicolae Ceausescu, ces 10 raffineries avaient une capacité de 34 millions de tonnes, tandis que l’extraction n’a cessé de diminuer depuis 1976, lorsqu’un niveau record de 14,5 millions de tonnes avait été atteint.
Cette baisse s’explique par l’exploitation «irrationnelle» dans les années 1945-1956, lorsque la Roumanie a été obligée à payer en pétrole une partie de ses «dettes de guerre» envers l’Union soviétique, mais aussi par l’épuisement naturel des gisements.
«Depuis 1992, la Roumanie a établi un plafond de 6 à 6,5 millions de tonnes pour l’extraction de pétrole, un niveau qui devrait être maintenu jusqu’en 2005», a déclaré M. Condrea.
Ce plafond pourrait cependant être dépassé si les gisements de la plate-forme continentale de la Mer noire se révèlent plus riches qu prévu.
La Roumanie a jusqu’ici importé du pétrole uniquement pour maintenir en vie toutes ces raffineries, pour des raisons sociales notamment, mais il est de plus en plus difficile d’obtenir les devises nécessaires afin de poursuivre les importations», a souligné ce responsable.
Selon lui, la fermeture des raffineries Petrotel et Vega de Ploiesti (60 km au nord de Bucarest) et Darmanesti de Bacau (est) a réduit de 13,7 millions de tonnes la capacité de raffinage, «ce qui permettra une meilleure utilisation des sept autres raffineries».
Décriée par les partis d’opposition, cette décision a été saluée par la Banque Mondiale, qui a estimé qu’il s’agissait d’une «mesure indispensable pour la stabilisation économique» du pays.
La restructuration du secteur pétrolier, réclamée par les bailleurs de fonds internationaux, bénéficiera de crédits de plus de 500 millions de dollars au total de la part de la Banque Mondiale et de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD). (AFP)


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine