Le ministère allemand de la Santé a pour sa part indiqué avoir demandé le 14 août à la commission européenne l’application effective de la législation britannique sur les exportations de viande de bœuf.
Mais le ministère a aussi montré du doigt la commission européenne, pressée dans le même courrier du 14 août d’édicter des directives de surveillance valables dans toute l’UE et qui «à ce jour n’a imposé aucune règle en vue de contrôles efficaces».
Le ministère a démenti en revanche comme «erronées» des informations de l’hebdomadaire «Der Spiegel» selon lesquelles l’embargo prononcé en mars 1996 par l’Union européenne n’a pas été répercuté dans le droit britannique.
L’embargo est passé dans la législation britannique le 1er août dernier, a précisé le ministère dans un communiqué. Ce qui est vrai, a ajouté le ministère, c’est qu’il «n’a cessé entre mars 96 et l’été 97 d’exhorter la commission européenne à faire en sorte que la Grande-Bretagne inscrive immédiatement l’embargo dans son droit national».
Le président de la commission d’enquête du Parlement européen, l’Allemand Reimer Boege, brocarde dans l’hebdomadaire «Focus» à paraître lundi les «contrôles bâclés» opérés par les Britanniques. Il a enfoncé le clou sur «Deutschlandradio Berlin»: «Il apparaît très fortement que les autorités britanniques n’ont pas appliqué dans la mesure nécessaire les indispensables contrôles à l’exportation».
Une surveillance a certes été annoncée, mais «on n’a semble-t-il pas ouvert les conteneurs», ce qui constitue une véritable «invitation aux criminels», a-t-il rapporté.
Dans «Focus», il désigne aussi d’un doigt accusateur la commission européenne, informée dès octobre dernier selon lui de l’insuffisance des contrôles mais restée inerte. «Dès lors, la catastrophe était prévisible», dit-il.
Avant le démenti du ministère, «Der Spiegel» faisait état pour sa part d’une note interne selon laquelle l’embargo européen n’avait pas été traduit dans le droit britannique. Une tournée d’inspection de la commission européenne a montré que les contrôles dans les ports britanniques étaient en conséquence «lacunaires», selon le document. Bonn exige à présent de la commission des mesures contraignant Londres à imposer l’embargo au niveau national, écrit l’hebdomadaire. (AFP)


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