«Il semble clair, compte tenu de l’image qui se dessine, que les Etats-Unis ont décidé de déstabiliser le Mercosur, brisant l’équilibre stratégique de cette région, avec les graves implications que cela signifie, et semant les graines de la division et de la méfiance», a dit l’ancien chef d’Etat (1985-89) aujourd’hui sénateur.
Les critiques émises dans un journal brésilien par le président argentin Carlos Menem au sujet de la volonté du Brésil d’obtenir un siège permanent au Conseil de sécurité des Nations Unies sont, selon Sarney, l’expression de l’entreprise de Washington.
Menem, a-t-il dit au Sénat,«s’est volontairement ou non fait l’instrument de cette division». «Le gouvernement des Etat-Unis, et non le peuple, a déjà atteint son objectif: semer la discorde dans la région», a ajouté Sarney. L’ancien président brésilien fut l’un des principaux artisans du Mercosur, union douanière regroupant l’Argentine, le Brésil, le Paraguay et l’Uruguay.
Jose Sarney s’est également ému des démarches de Washington en vue d’une levée de l’embargo sur les exportations d’armes à haute technologie en Amérique latine et de l’attribution à l’Argentine d’un statut d’allié hors-OTAN.
En Argentine même, l’entretien accordé par Menem à un journal de Sao Paulo a suscité la controverse. Le Frepaso, formation politique nouvellement créée dans l’optique des élections de l’automne, et le Parti radical, centriste, ont dénoncé la prise de position «imprudente et déplacée» du président.
Le gouvernement argentin s’est efforcé d’apaiser la situation en assurant qu’il serait «ravi» par l’attribution d’un siège permanent au Brésil, mais qu’il préférait le principe d’une présence sud-américaine tournante. (Reuter)


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