Les tribus ont, en général, des revendications à caractère économique, dans ce pays considéré comme l’un des plus pauvres du monde, comme voir leurs membres embauchés dans l’administration, ou être reliés au réseau électrique ou routier.
Ainsi, en février et avril 1994, des experts chinois avaient été enlevés à deux reprises par une tribu qui exigeait l’arrêt de la construction de la route à laquelle ils travaillaient.
En 1993, six employés étrangers de compagnies sous-traitantes de Total Yémen n’ont été relâchés par une tribu qu’après un accord pour l’embauche de 80 de ses membres par Total Yémen. Un diplomate américain enlevé au cours de la même année a été relâché en contrepartie d’une promesse de la compagnie Hunt Oil d’embaucher de dizaines de membres de la tribu des ravisseurs.
Mais des ravisseurs peuvent avoir des exigences plus farfelues: il y a deux semaines, un touriste italien, Giorgio Bonanomi, avait été libéré après cinq jours de détention par une tribu qui exigeait que les autorités lui restituent une voiture, confisquée parce que ses papiers n’étaient pas en règle.
En outre, le chef de la tribu entendait protester parce que son fils avait échoué aux examens de fin d’année à l’école publique.
Pas de rançon
Pour ces tribus, fortement armées et qui contrôlent l’intérieur du pays, il est facile d’intercepter les voitures de touristes qui traversent leurs régions pour visiter les trésors archéologiques que recèle le Yémen. Depuis 1993, près d’une centaine d’étrangers ont été enlevés mais tous ont été libérés sains et saufs.
Les inondations catastrophiques qui ont touché la région de Maarib, à l’est de Sanaa, en 1996, ont provoqué un flot d’enlèvements, les tribus touchées entendant toucher des compensations.
Ainsi, en octobre 1996, un diplomate français avait été détenu à l’est de Sanaa pendant dix jours par la tribu des Jihm, qui réclamait notamment des postes dans l’administration et des dédommagements pour des habitations détruites au cours des inondations.
En décembre dernier, cinq touristes polonais avaient également été enlevés par la tribu des Béni Jabr qui réclamait des dédommagements pour des dégâts occasionnés à ses propriétés par les inondations.
En mars, les ravisseurs de sept touristes allemands réclamaient sept millions de dollars, une somme que leur devait un marchand de voitures qui leur avait acheté des véhicules sans les payer et qui s’était évadé de prison.
Les autorités ont toujours assuré qu’aucune rançon n’avait été versée.
Mais l’affaire peut se transformer en cercle vicieux. Fin janvier 1996, 17 touristes français avaient été enlevés par des membres d’une tribu qui réclamaient la libération par les autorités d’un des leurs, emprisonné pour avoir enlevé un Américain. (AFP)


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