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Actualités - Chronologie

Leni Riefenstahl, la grande dame du cinéma nazi, fête ses 95 ans

La grande dame du cinéma sous le régime nazi, Leni Riefenstahl, fête vendredi ses 95 ans, au milieu de protestations contre la première exposition de ses photos en Allemagne, à Hambourg (nord).
«Je ne souhaite pas vivre mon 100e anniversaire, à moins d’un miracle qui me permette de travailler dans la tranquillité et la paix», a-t-elle déclaré dans des interviews aux médias allemands, en commentant ces critiques.
L’exposition-vente d’une cinquantaine de ses photos par la galerie Andreas Schlueter, ouverte samedi, a provoqué la colère du Comité Auschwitz, qui regroupe les survivants du camp d’extermination nazi, et d’avocats résidant au-dessus de la galerie. Ces derniers ont résumé l’affaire dans une banderole lapidaire suspendue à leurs bureaux: «1936, la propagande — 1997, les affaires».
«Il y a une minorité de gens qui voudrait m’anéantir, mais ils ne peuvent pas supprimer mon nom. Mes films et mes livres resteront même après ma mort», a-t-elle répliqué.
Célèbre pour ses documentaires sur le congrès du parti nazi à Nuremberg en 1934 («Le Triomphe de la volonté») et les Jeux Olympiques de Berlin en 1936 («les Dieux du stade»), Leni Riefenstahl vit à Poecking, au bord du lac de Starnberg, en Bavière.
Proche d’Adolf Hitler, elle n’a jamais été membre du parti nazi, la NSDAP, et a basé sa ligne de défense sur le principe de l’art pour l’art, prétendant n’avoir jamais été au courant des atrocités commises par les nazis et ne jamais s’être intéressée à la politique.

Proche du suicide

Née en 1902 à Berlin dans un milieu petit-bourgeois (son père possédait une petite entreprise de chauffage), elle entame une carrière de danseuse, malgré l’opposition de sa famille. Une blessure l’oblige à se reconvertir et elle devient actrice. Ses débuts de cinéaste («La lumière bleue») lui amènent un succès immédiat.
Remarquée par Adolf Hitler, elle filme le congrès de la NSDAP à Nuremberg. Suivent un documentaire sur la Wehrmacht (1935) et sur les J.O. de Berlin qui lui vaut la médaille d’or du Comité international olympique en 1939. Sa modernité et sa technique impeccables sont aujourd’hui encore reconnues.
«Si j’avais eu la chance de ne pas avoir filmé «Le triomphe de la volonté», je mènerais une vie formidable», estime-t-elle aujourd’hui.
Après la guerre, elle traverse de multiples procédures de dénazification et judiciaires, mais en sort acquittée.
Evoquant «le mépris qu’on m’a jeté à la figure après 1945», elle avoue avoir été proche du suicide. Dans ses mémoires de 900 pages publiées en 1987 — un succès à l’étranger —, elle affirmait avoir «beaucoup souffert quand j’ai appris ce qui s’était passé» sous le régime nazi.
Au début des années 1970, Leni Riefenstahl se lance dans la photographie, se concentrant sur une peuplade du Soudan, les Noubas, et prenant leurs corps sculpturaux sous tous les angles. C’est un succès mondial.
A 70 ans, elle se lance dans la plongée sous-marine et photographie bancs de coraux et poissons. «Je me régénère quand je plonge», explique-t-elle. Elle termine cette année le montage d’un film sur ces plongées.
Mais la reconnaissance que lui a accordée l’étranger lui est toujours refusée en Allemagne, où ses détracteurs estiment qu’elle n’a tiré aucune leçon de son passé dans les allées culturelles du pouvoir nazi.
Si Leni Riefenstahl évoque aujourd’hui encore la fascination qu’exerçait Hitler (elle précise toutefois l’avoir trouvé «hideux» la première fois qu’elle l’a rencontré), elle se garde bien de toute réflexion nostalgique sur sa période professionnelle dorée. Et elle continue de poser inlassablement la question, pour elle apparemment sans réponse: «Qu’est-ce que j’ai fait de mal?» (AFP)
La grande dame du cinéma sous le régime nazi, Leni Riefenstahl, fête vendredi ses 95 ans, au milieu de protestations contre la première exposition de ses photos en Allemagne, à Hambourg (nord).«Je ne souhaite pas vivre mon 100e anniversaire, à moins d’un miracle qui me permette de travailler dans la tranquillité et la paix», a-t-elle déclaré dans des interviews aux médias allemands, en commentant ces critiques.L’exposition-vente d’une cinquantaine de ses photos par la galerie Andreas Schlueter, ouverte samedi, a provoqué la colère du Comité Auschwitz, qui regroupe les survivants du camp d’extermination nazi, et d’avocats résidant au-dessus de la galerie. Ces derniers ont résumé l’affaire dans une banderole lapidaire suspendue à leurs bureaux: «1936, la propagande — 1997, les affaires».«Il y a une...