«Toutes les décisions politiques et économiques doivent être transparentes», a souligné le nouveau chef de l’Etat, qui présentait aux députés les grandes orientations de son gouvernement.
«Le gouvernement aura pour tâche de favoriser une participation réelle de la population aux prises de décision, de défendre les libertés légitimes et d’assurer la sécurité politique et économique, notamment le respect des lois dans le cadre de la Constitution», a déclaré M. Khatami, un religieux modéré de 54 ans, élu en mai dernier.
Le Parlement (Majlis), dominé par les conservateurs, a entamé mardi matin les débats sur l’approbation du gouvernement de compromis de M. Khatami.
Quinze heures de débats sont prévues sur la composition du cabinet, dont la liste de 22 membres a été présentée il y a une semaine. Les députés doivent ensuite approuver la nomination de chaque ministre, par un vote à bulletin secret, qui ne devrait pas intervenir avant mercredi en fin d’après-midi.
Le chef de l’Etat a souligné que le peuple était «le fondement de toutes les lois et notamment de la Constitution». «C’est pourquoi nous devons faire participer la population aux décisions politiques et économiques», a-t-il poursuivi.
Le respect des libertés publiques, la volonté de changement ainsi que la place dans la société iranienne des jeunes et des femmes qui constituent les trois quarts de la population, avaient été les thèmes dominants de la campagne électorale de M. Khatami.
Renforcer la monnaie
Le nouveau président a implicitement critiqué les multiples sociétés d’Etat créées sous le gouvernement précédent, en se prononçant pour une «réduction du rôle de l’Etat» dans le domaine économique, et une meilleure participation de la population, notamment grâce aux «coopératives (qui) peuvent jouer un rôle capital».
«Nous devons mettre de l’ordre dans tout cela, améliorer le pouvoir d’achat de la population et renforcer notre monnaie nationale», a ajouté M. Khatami, soulignant la nécessité d’assurer «la sécurité politique, économique et sociale» de la population.
«Le pétrole sera un jour épuisé et nous devons construire sans cesse le pays», a-t-il noté, répétant que le peuple devait être «l’interlocuteur principal» de tous les «programmes de développement politique, culturel et économique».
Soulignant que son gouvernement avait été choisi pour mettre cette politique en œuvre, M. Khatami a demandé aux députés d’approuver tous les ministres afin de leur «permettre de se mettre au travail le plus tôt possible».
«Votre tâche sera plus difficile si vous ne votez pas pour tout le monde car je serai obligé de revenir devant le Parlement avec de nouveaux noms», a dit le chef de l’Etat, qui a cependant reconnu «le droit des parlementaires à accepter ou refuser leur confiance» aux ministres.
A l’ouverture de la séance, le président du Parlement Ali Akbar Nategh-Nouri, chef de la majorité conservatrice de la Chambre, qui avait été largement battu par M. Khatami lors du scrutin présidentiel de mai dernier, a demandé aux parlementaires de «respecter la morale» quand ils voulaient exprimer leur opposition à tel ou tel membre du gouvernement.
Au total, une vingtaine de députés s’étaient inscrits mardi pour les débats.
Des membres de la majorité avaient multiplié leurs critiques contre plusieurs ministres du cabinet de M. Khatami et affirmé qu’ils voteraient pour «les compétences et non l’appartenance» des ministres à telle ou telle faction.
Les journaux proches de la majorité conservatrice avaient laissé entendre ces derniers jours que le Parlement pourrait refuser son approbation à au moins trois ou quatre membres du cabinet. (AFP)


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