Pour Takeyoshi Tanuma, «les enfants sont le miroir de la société». Né en 1929 à Tokyo, ce photographe japonais acquiert une renommée mondiale grâce à ses clichés «vivants». Il est notamment connu pour ses portraits d’enfants qu’il a glanés au cours de nombreux voyages, dans pas moins de 106 pays.
Dans les yeux des tout petits, Tanuma sait capter l’étincelle qui «parle». Regards innocents, malicieux, mais aussi, parfois, regards poignants où on lit la peur, l’inquiétude, la douleur… Cependant, l’humour reste présent, malgré tout, dans les photos de Tanuma. Comme un pied de nez au malheur…
Des enfants grimés, souriant à l’objectif; un «gamin de la rue», cigarette à la bouche; des copains s’éclaboussant dans une rivière; une écolière américaine, un crayon-cire planté dans la narine… Ou encore, deux mômes Yougoslaves faisant pipi dans une même cuvette, un bébé mangeant «tout seul», le nez, la bouche et le menton barbouillés de rouge; un petit Syrien portant sur la tête des galettes de pain; quatre Mexicains en costumes folkloriques, sombreros sur la tête, fausses moustaches et faux favoris…
Mexique, Pérou, Népal, Indonésie, Thaïlande, Irlande, Yémen, Qatar, Jordanie, Suisse… A chaque peuple ses caractéristiques, à chaque enfant son charme.
Même cette petite fille ukrainienne au crâne rasé (retombées de Tchernobyl), ou ce petit Somalien, réfugié en Ethiopie, qui n’a plus que la peau sur les os ne nous font pas détourner le regard. Elles sont belles, à leur manière. Car elles défendent l’enfance, promesse d’un avenir meilleur…
N.S.


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