Dès 7 heures du matin, vêtus de shorts, T.-shirts, maillots et casquettes; masques antipollution sur la bouche, les mains protégés par des gants en plastique, les volontaires ont envahi les plages publiques. Là, des groupes variant entre une dizaine et une centaine de personnes, chacun dirigé par un chef, ont procédé au ramassage et au triage des ordures. Offerts par un sponsor, les sacs noirs se sont vite remplis de débris de verre, de morceaux de bois, de papiers, de déchets en plastique, de canettes...
Pour leur part, les plongeurs — pour la plupart membres du Club des plongeurs professionnels du Liban — ont exploré la méditerranée allant jusqu’à 30 mètres de profondeur, et refait surface avec des butins essentiellement composés de déchets hospitaliers (sacs en plastique), pneus et bouteilles de verre. Certains ont même pris des clichés de monticules d’ordures qui polluent les fonds marins.
Le ministre de l’Environnement, M. Akram Chéhayeb, a effectué une tournée d’encouragement sur différents points de la côte. Mais n’est-ce pas à son ministère que revient la charge d’un tel travail? «si, répond Hazem Idriss. Il n’en demeure pas moins que tout citoyen est aussi concerné par son environnement. C’est le devoir de tous de participer à un tel projet. Le mer appartient à tous, et si le gouvernement ne fait rien pour le moment, ce n’est pas une raison pour rester les bras croisés. Il faut agir sans plus tarder».
En fin de journée, vers 16 heures, «Sukleen» a procédé au ramassage des milliers de sacs qui, nous a-t-on dit, iront droit au recyclage.
Existe-t-il des usines de recyclage au Liban? «Bien sûr», assure Idriss. «Nous rencontrons souvent des personnes qui fouillent les poubelles à la recherche de cartons, de morceaux de verre ou de ferraille. Qu’en font-ils? En tout cas, pour le moment, «Sukleen» s’est chargée de s’occuper des «fruits» de notre pêche»... Contredisant les propos de Idriss, le ministre Chehayeb a cependant indiqué, dans un discours de clôture de la journée, que «les ordures ne seront pas triées mais groupées en un seul tas». Qu’en adviendra-t-il? La question reste posée.
L’enthousiasme des jeunes
Il faut saluer le civisme de ces jeunes qui ont consacré un dimanche à une opération d’utilité publique; qui ne se sont pas découragés devant l’énormité de la tâche et qui restent optimistes quant à l’impact de leur action: «Cette plage est la mienne», dit Jessica, 11 ans, qui habite Tabarja. «Je veillerai à ce qu’elle reste propre».
Un pavé dans la mare? «Il faut bien commencer quelque part», répondent les organisateurs, en assurant qu’«un suivi sera assuré tout au long de l’année, sous la supervision des chefs d’équipes». Notamment, au moyen de campagnes médiatiques, d’activités d’éveil dans les écoles et universités, de distributions d’affiches et brochures concernant le recyclage...
En attendant le rendez-vous de l’an prochain, fixé au mois de mai. «Tous les pays méditerranéens entreprennent de nettoyer leurs côtes en mai. Dorénavant nous nous associerons à cette opération internationale et les ministères de ces pays collaborerons avec nous. Il faut changer l’image qu’ont les autres du Liban, pays de pollution et de chaos. Nous comptons déjà sur les médias pour transmettre l’expérience positive d’aujourd’hui».
Hazem Idriss affirme: «Maintenant que toutes les associations vertes se sont unies, leur action sera autrement plus efficace».
Pour que la Méditerranée ne se transforme pas... en océan d’ordures.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine