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Actualités - Chronologie

Il y a vingt ans disparaissait Bloch, le père du marxisme utopique

Le père du marxisme utopique, le philosophe allemand Ernst Bloch, inlassable avocat de l’espérance et d’un monde plus humain contre le marxisme dogmatique et le capitalisme, est mort il y a vingt ans, à l’âge de 92 ans à Tuebingen, au sud de Stuttgart.

Né à Ludwigshafen (Palatinat) dans une famille modeste, Ernst Bloch, refusant d’être un philosophe confiné dans les murs d’une université n’a cessé, jusqu’à son dernier souffle, d’être un homme d’engagement.
Pacifiste il se réfugie en Suisse pendant la Première Guerre mondiale, avant d’être communiste dans la foulée de la Révolution russe. L’anti-fasciste Ernst Bloch émigre à Paris puis aux Etats-Unis, lors du deuxième conflit mondial. En rupture avec le communisme après l’intervention des chars soviétiques en 1956 en Hongrie, il est aux côtés du mouvement étudiant ouest-allemand des années 60 et 70.
C’est durant son émigration suisse qu’il a écrit «L’Esprit de l’Utopie» (1918), appel passionné pour un socialisme inspiré de l’idéal de fraternité des philosophes des Lumières, romantisé par les penseurs et écrivains de l’Aufklaerung allemande (1700-1780) qui se réclamait du rationalisme de Leibniz, et par l’œucuménisme des débuts du christianisme.
C’est dans cet esprit qu’il consacra un livre à Thomas Muenzer, réformateur religieux, penseur de la première révolution allemande, celle des paysans au 16e siècle, «Thomas Muenzer, théologien de la révolution» (1921). Dans «La guerre des paysans» (1850), Engels avait vu en Muenzer un des premiers révolutionnaires modernes.
Lors de son émigration américaine, il anima la revue «Libre Allemagne» et c’est à Cambridge (Massachusetts) qu’il écrit son œuvre maîtresse, «Principe espérance» (1942-49), qui ne sera publiée qu’après-guerre et porte les stigmates de son humanisme et de «l’utopie concrète» qui resteront le fil conducteur de sa pensée.

Pervertir
la jeunesse

Après la guerre, l’offre d’une chaire à l’université de Leipzig le détermine finalement à revenir en RDA, de préférence à l’Allemagne d’Adenauer qu’il considérait comme inféodée à l’anti-communisme viscéral américain.
Mais, très vite, les bureaucrates staliniens prennent ombrage de sa popularité dans la jeunesse étudiante — ses cours se déroulent dans des amphithéâtres archi-combles, les étudiants s’entassant sur les marches, sur l’estrade — et le voilà accusé d’être «un non-marxiste voulant pervertir la jeunesse». En 1957, il est mis à la retraite d’office.
La construction du Mur de Berlin, à l’été 1961, le surprend en Allemagne de l’Ouest, où il décide de rester. «La RDA n’offre plus la possibilité d’une pensée libre et a supprimé tout espace pour la vie et l’action», écrit-il aux dirigeants communistes.
Enseignant à l’université de Tuebingen, où son premier cours est intitulé «L’espérance peut-elle être déçue?», il reçoit en 1967 le prestigieux prix de la Paix des libraires allemands et proclame alors sa foi dans le marxisme utopique: «Si les rapports économiques déterminent l’homme, alors il n’y a qu’une chose à faire, humaniser ses rapports. Vive la raison pratique».
Ses principales œuvres sont, outre «L’Esprit de l’Utopie», «Thomas Muenzer, théologien de la révolution», et «Le Principe Espérance», «Héritage de ce temps» (1935), «L’athéisme dans la chrétienté» (1967) et «Expérimentum Mundi» (1974).
Le père du marxisme utopique, le philosophe allemand Ernst Bloch, inlassable avocat de l’espérance et d’un monde plus humain contre le marxisme dogmatique et le capitalisme, est mort il y a vingt ans, à l’âge de 92 ans à Tuebingen, au sud de Stuttgart.Né à Ludwigshafen (Palatinat) dans une famille modeste, Ernst Bloch, refusant d’être un philosophe confiné dans les murs d’une université n’a cessé, jusqu’à son dernier souffle, d’être un homme d’engagement.Pacifiste il se réfugie en Suisse pendant la Première Guerre mondiale, avant d’être communiste dans la foulée de la Révolution russe. L’anti-fasciste Ernst Bloch émigre à Paris puis aux Etats-Unis, lors du deuxième conflit mondial. En rupture avec le communisme après l’intervention des chars soviétiques en 1956 en Hongrie, il est aux côtés...